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Fahrenheit 451

  • Le dîner – Herman Koch

    Le dîner.jpgLa question centrale du dîner, celle sur laquelle le livre est censé tenir, est la suivante : que sommes-nous prêts à faire pour préserver nos enfants ?  Herman Koch nous interpelle: jusqu’où irions-nous pour sauver le futur de nos enfants ? Qu’accepterions-nous de leur part ? Que leur pardonnerions-nous ? Indirectement, l’auteur néerlandais souhaite nous amener à nous interroger sur ce que savons-nous vraiment de nos enfants, sur ce que nous leur transmettons comme valeurs à travers l’éducation.

    Cette question pivot n’intervient pourtant vraiment qu’à partir du milieu du livre. C’est à ce moment-là qu’on se rend compte du véritable enjeu du dîner éponyme qui réunit deux frères et leurs femmes respectives. La comédie de mœurs, qui met en scène une rivalité familiale et des trajectoires opposées, se révèle être un prétexte, une très longue entrée en matière, plutôt ennuyeuse après un démarrage en trombe. Il s’avère finalement difficile de se passionner pour ce professeur d’histoire en disponibilité de son poste qui jalouse son frère qui est tout simplement pressenti pour devenir le futur premier ministre des Pays-Bas. Les situations mises en scène par Herman Koch sont un peu trop mélodramatiques même si elles arrivent à susciter un certain malaise. Le lecteur patiente, essaie de s’intéresser aux protagonistes du dîner pour finalement être déçu après l’exposition des évènements centraux du livre. Le dilemme qui se pose aux participants du dîner tombe finalement à plat, perd progressivement de sa force et de son intérêt car maladroitement exploité. Il n’est en plus pas sauvé par un dénouement précipité, un peu tarabiscoté et d’une crédibilité douteuse.

    La structure narrative qui est calée sur les différentes parties d’un dîner en ville (de l’apéritif au pourboire) apparaît en fin de compte artificielle. Elle pousse Herman Koch à se perdre dans une multitude de détails infimes sur le restaurant et le dîner simplement pour faire mariner le lecteur. La critique des pratiques des grands restaurants jure au bout du compte avec l’importance dramatique des évènements qui sont au cœur de ce livre.

    Pas particulièrement drôle, le dîner arrive à accrocher le lecteur une partie du temps par un certain rythme, un suspens et une tension qui ont néanmoins tendance à s’étioler. Il est dommage qu’il n’arrive pas à exploiter pleinement et avec plus de brio les questions morales qu’il pose. La critique de l’effondrement des valeurs aurait pu être plus percutante.

    Best-seller aux Pays-Bas puis dans le monde.

    Bof.

  • Amour et ordures – Ivan Klima

    Ivan Klima.jpgLa quatrième de couverture parle d’Amour et Ordures « comme le roman le plus important sur la Tchécoslovaquie d' " avant-Havel " ». Ce qui me laisse un peu dubitatif. Imaginez un peu, un auteur célèbre, tombé en disgrâce, qui devient éboueur dans Prague. Un quotidien de dur labeur pour celui qui se consacrait à l’écriture d’un essai sur Kafka avant d’embrasser cette réalité si prosaïque. Un homme confronté aux ordures qui a des choses à raconter sur la Tchéquie de la seconde guerre mondiale, vu qu’il a connu enfant le camp de concentration de Terezin. C’était avant le rideau de fer et la période communiste qui a assommé la réalité  avec une novlangue qui s’appelle ici le Jerk. Ça en fait donc des choses fortes à raconter pour un homme qui est en plus plongé dans une passion dévorante avec une maîtresse qui n’arrive pourtant pas à le convaincre d’abandonner sa femme.

    Il est juste dommage qu’Ivan Klima raconte tout ceci très mal. Amours et Ordures est un galimatias qui dévalorise ce matériau si riche en refusant d’y mettre de l’ordre ou de créer une véritable architecture narrative. Tout est balancé dans une logique de tout à l’égout qui épuise le lecteur et dilue son intérêt pour les thèmes de l’écrivain tchèque. Finalement, il y a un manque d’épaisseur dans la critique du régime communiste tout autant que dans l’évocation du camp de Terezin. Idem pour l’expérience d’éboueur qui souffre d’un bavardage inintéressant, souvent centré sur les anecdotes des collègues de travail. A la fin, ne reste de tout ça qu’un discours un peu fatigant sur Kafka et cette histoire de femme et de maîtresse qui n’a finalement rien d’extraordinaire et qui s’embourbe dans des situations pénibles et dans la redondance.

    Ivan Klima écrit parfois des choses assez belles, développe une réflexion brouillonne mais riche sur l’existence – notamment sur les ordures -, qui sortent le lecteur de sa torpeur. Ce ne sont cependant que des pépites dans un océan d’ennui et c’est bien difficilement qu’on atteint la fin du livre.

    Immense déception.