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1974 - David Peace

1974.jpg1974, le yorkshire, le nord de l’angleterre. Alors que noël approche, la petite Clare Kempay est enlevée. Elle sera retrouvée morte et mutilée quelques jours plus tard. Y a-t-il un lien entre sa mort et celle de deux autres filles disparues, Susanne Ridtay et Jeanette Garland ? C’est ce que pense Edward Dunford, jeune journaliste qui voit dans cette affaire l'occasion de lancer et propulser sa carrière. Mais dans le Yorkshire en cette sombre période de déconfiture économique et sociale, se joue bien plus qu’une simple histoire de pédophilie pour de nombreuses personnalités de la ville. C'est ce qu'Edward Dunford va apprendre à ses dépens.

L’univers décrit par David Peace est glauque, noir, maussade et poisseux. L'ambiance est délétère et le climat est à la suspicion et à la dépravation: un monde tombe en lambeaux, l'Angleterre de la fin des trente glorieuses, et ce n'est pas beau à voir. Au fur et à mesure qu’Edward Dunford progresse dans son enquête, se lève un coin du voile sur ce qui se trame dans le yorkshire. Au fil des pages, le livre devient plus dur, plus sanglant, plus violent et la mécanique d'écrasement et de dénudement des personnages plus impitoyable.

Les esthètes de la violence et des sentiments peuvent aller voir ailleurs, car chez David Peace, place est faite à la crudité, à la rugosité et à la brutalité des faits et de la langue. Edward Dunford avance péniblement dans son enquête et s’embourbe dans une merde monumentale. L’assassinat de Clare Kempay est une des portes qui ouvre sur l’enfer d’une région gangrenée par la soif de pouvoir et d’argent de quelques hommes, puissants bien entendus. Le népotisme, la vengeance, la manipulation, la dépravation, les traîtrises, l’ambition, la bassesse se mêlent pour former un nœud inextricable, effrayant et dangereux pour qui s'en approche de trop près. David Peace est sans pitié aucune pour cette région de l'Angleterre et pour son personnage qu’il enfonce avec minutie, toujours plus bas, dans les ténèbres.

Le décor est miteux, les personnages pathétiques, en perdition, désillusionnés, les mains sont sales, les cœurs fatigués et impurs, les actes noirs, corrompus, les histoires abjectes et violentes. Même la langue de David Peace, son écriture, portent toute cette crasse, tout ce noir qu'il décrit. Elle ne laisse aucune échappatoire dans cette atmosphère putride.

Dans le yorkshire, dans la tête d’Edward Dunford, aucune lumière au bout du tunnel.

Dur, noir et réussi.

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