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Voici le dernier jour du monde - Gaston Paul Effa

voici venu.jpgPourquoi a t-il fallu que Gaston Paul Effa se perde ainsi à la fin de son roman ? Pourquoi a t-il fallu qu’il choisisse ce faux retournement de situation, cette fausse surprise, ce moment pivot qui transforme son livre en une espèce de roman policier ou d’action raté et bidon ? Pourquoi a t-il fallu qu'il discrédite d'une certaine manière les thèmes qu'il a abordé durant les deux premiers tiers de son livre par cette pirouette un peu inutile ? Peut-être juste pour trouver une chute. Apprendre à finir titrait Laurent Mauvignier...

Gaston Paul Effa gâche donc une impression plutôt favorable de prime abord. C’est vraiment dommage parce qu’on rentre très vite dans ce roman, emporté par son argument principal, son style. C’est parlé, tout étant travaillé, ciselé pour paraître naturel, facile, fluide. On est dans une oralité conquérante, une faconde plaisante, débordante. Une sorte de représentation d'une oralité africaine spécifique qui est un enjeu stylistique dont Ahmadou Kourouma n'a eu cesse de signaler la difficulté et l'intérêt - en même temps que l'influence de Céline.

Ce style est une entré gourmande dans l’intrigue qui relate à travers Fabien, l’ami du narrateur, l'Afrique et ses maux interminables. Le retour au pays du narrateur marque le début de la déchéance de son ami. Une multitude de péripéties enchaînées avec verve pour dénoncer pêle-mêle - un peu trop légèrement ou à la va vite - la corruption, le népotisme, le militarisme, les enfants-soldats, la responsabilité et l’abandon de l’occident, le sida, la misère. On a parfois la sensation d'un manque d'approfondissement. On est plus dans le zapping, tout est frôlé, effleuré, rien ne reste, rien ne marque, rien n'est vraiment creusé. Comme si tout était emporté dans le phrasé. Un mauvais tour joué par la virtuosité stylistique ? Du coup, la sensation, de légèreté, de superficialité, emporte dans l'oubli, tous les thèmes et aussi l'histoire un peu rocambolesque.

Raté. Dommage.

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