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Ceux de July - Nadine Gordimer

ceux de july.jpgNadine Gordimer inverse les rôles en Afrique du sud. Les noirs prennent le pouvoir et les blancs sont obligés de se cacher ou de fuir. Les Smales, une famille blanche et bourgeoise de cette Afrique du Sud imaginaire, se réfugient dans le village de July, leur fidèle domestique, en attendant que les choses se calment ou reviennent à la normale. Commence alors pour eux, un apprentissage difficile de la différence, de la pauvreté, de la dépendance, de la peur et de la soumission.

Que signifient leurs idées progressistes devant cette réalité amère, loin de leur luxueux passé ? Il n'est plus suffisant de se rassurer en se disant qu'on a bien traité July. Il n'y a plus vraiment de place pour la condescendance et il faut redéfinir les liens établis avec July mais plus généralement avec les noirs. Comment se conduire désormais face à ce servant - et les autres - qui est leur bouée de sauvetage et qui les tient en son pouvoir ? Comment rester eux-mêmes quand leur monde est renversé ? Comment accepter de changer ?

Nadine Gordimer n'est pas tendre avec ses personnages et avec l'Afrique du Sud. Elle les déshabille progressivement jusqu’à la nudité totale. Et ce n'est pas forcément beau à voir...Les Smales ne peuvent plus échapper à une lucidité difficilement supportable sur leur passé, l’apartheid, leurs idées progressistes, leurs relations avec leur domestique, ou avec les autres noirs. Plus de mauvaise foi, de bonne conscience ou de facilité. Nadine Gordimer explore avec une intelligence rare l’ambiguïté des rapports entre les noirs, les blancs, le riche et le pauvre, le domestique et le maître. Le livre est d’une puissance toute en subtilité. L'atmosphère est oppressante. On ressent la tension de cette situation au final désespérant. Une telle maîtrise était nécessaire pour une fois de plus fouiller par ce postulat artificiel, l’Afrique du sud et ses démons.

Excellent. 

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