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Etre sans destin - Imre Kertesz

Recto_etre_sans_destin.jpgL’expérience du camp de concentration vécue par Imre Kertesz diffère de celle de Primo Levi, pas seulement en raison de parcours ou péripéties différents mais aussi en raison du ton et de l’objectif du livre. Avec Être sans destin, on suit Imre Kertesz depuis la déportation de son père au service du travail obligatoire, puis la sienne, jusqu’à la libération de Buchenwald. Une année durant laquelle il va passer dans différents camps, Auschwitz, Buchenwald et Zeits.

L’intérêt de ce livre tient à la narration qui reproduit la pensée, la façon d’être d’un jeune homme de quinze ans, une espèce de naïveté, d’insouciance qui se mêle à un détachement, cet état d'esprit que l’on a uniquement à l’adolescence au moment des grands changements, du passage à l'âge adulte. L’expérience de la déportation s’inscrit dans une focale un peu plus large qui en fait un iconoclaste roman d’apprentissage - en milieu extrêmement hostile...

Imre Kertesz ne tient pas impérativement à expliquer ou à décrire la souffrance dans les camps, ce n’est pas son objectif même si c'est une expérience incontournable. Il n'est ainsi pas vraiment prolixe sur la vie dans les camps. Il veut éviter la sentimentalité. Ce qui lui importe, c’est d’insérer de la normalité dans l'entreprise des camps pour essayer de montrer – comme il le fait à la fin du livre au journaliste – que la normalité, peut prendre place dans le camp. C’est juste un autre monde avec d’autres règles à intégrer. Un monde qu’il refuse d’oublier, de sublimer, juste considéré à sa vraie valeur, comme l’expérience la plus formatrice pour lui. Un monde qui fait de la déshumanisation une règle, savamment mise en œuvre.

On peut avoir la sensation qu'être sans destin est moins dense et moins fort que d'autres livres sur le même thème. C'est surtout qu'il est différent.

Intéressant.

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