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La montée de l’insignifiance – Les carrefours du Labyrinthe 4 - Cornelius Castoriadis

cdl 4.jpgLa montée de l’insignifiance est le quatrième volet des carrefours du labyrinthe. C’est le rassemblement de conférences, d’interviews, d’articles, prononcés, écrits, donnés, par Cornelius Castoriadis autour de thèmes phares qui ont lien avec la compréhension profonde de l’époque contemporaine et de ses caractéristiques. Lire Cornelius Castoriadis revient toujours à creuser et à approfondir sa vision très originale sur la plupart des sujets et à creuser et à articuler les idées, les faits, autour de son concept de projet d’autonomie et d’émancipation à l’œuvre dans la dimension social-historique, spécifiquement depuis l’entrée de l’occident dans la modernité à partir de la renaissance.

Cornelius Castoriadis consacre la première partie de ce livre à détailler sa lecture et son explication de la crise à l’œuvre en occident. C’est une occasion pour lui de revenir sur l’échec du marxisme-léninisme et de poursuivre sa puissante critique de cette idéologie et de sa machine politique entreprise depuis Socialisme ou Barbarie. Cette critique est à mettre en rapport avec son analyse là encore très originale des mouvements sociaux des années soixante. L’échec du marxisme-léninisme et celui de ces mouvements ramènent à l’idéal quasi utopique de Cornelius Castoriadis, à son projet d’émancipation pour une société autonome et consciente de sa possibilité de s’auto-instituer et de se prendre totalement et réellement en charge, surtout afin de s’éloigner de cette crise au sein de la société occidentale. Laquelle crise qu’il explique par l’échec de l’occident à avancer dans le processus d’autonomie, mais aussi par le néant et la nullité qui frappe un occident livré au mercantilisme, au nihilisme, à l’individualisme solipsiste et jouisseur, au libéralisme prédateur, à l’oligarchie et à l’insignifiance, loin de ses valeurs fondatrices et fondamentales, loin de son originalité qui est la conscience de l’institution imaginaire de la société et la capacité de s’auto-instituer.

Tout au long de cette analyse, l’auteur se confronte aux problèmes récurrents de l’époque et compare l’occident aux civilisations qui lui font face et lui offre le défi de leur proposer autre chose que le néant commercial actuel. Comme toujours avec Cornelius Castoriadis, la philosophie, l’histoire et la psychanalyse se mêlent pour offrir la possibilité d’une lecture instructive et comparative de la démocratie athénienne ainsi que de la théorie freudienne, à l’aune de sa critique de la société contemporaine et de ses possibilités d’évolution vers son idéal de société. Il est impossible de résumer en si peu de mots, l’apport de cet ouvrage qui pourrait épuiser le répertoire de qualificatifs. Parler d’intelligence, de science, de rigueur, de profondeur, de pertinence, de clairvoyance, d’acuité chez Cornelius Castoriadis dans son analyse de la société contemporaine serait insuffisant au regard de l’enrichissement qu’il propose à chaque instant. Nul besoin d’adhérer à ses idées originales parfois utopiques, à ses lectures très personnelles de l’histoire, des faits et des phénomènes sociaux - certains pourront lui reprocher aussi un ton quelque peu pédant et suffisant – pour reconnaître l’immense valeur et l’indubitable qualité de son œuvre, de son apport et de la puissante stimulation intellectuelle qui en découle. Ebouriffant. 

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