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La vie de ma mère - Thierry Jonquet

la vie de ma mère.jpgPeut-on écrire comme l’on parle ? Voilà une question idiote qui a pourtant souvent été l’objet de polémiques littéraires. La réponse devient évidente après la lecture du livre de Thierry Jonquet. Oui, on peut écrire avec talent comme on parle, et en faire l’une des forces principales de son ouvrage. Une grande partie de la vitalité, du sel, du mordant du livre vient du phrasé parlé du personnage principal, jeune adolescent de la banlieue parisienne qui raconte son histoire.

La manière dont Thierry Jonquet s’empare de la langue de banlieue, de ses expressions, de ses tournures est impressionnante. C’est plus qu’un artifice ou une performance. Il ne s’agit pas seulement ici pour l’écrivain de rentrer dans la peau d’un adolescent français de banlieue parisienne. La langue est un puissant vecteur de crédibilité et surtout la porte d’entrée vers l’univers mental de ces jeunes qu’on qualifie désormais assez rapidement de sauvageons et leur univers déglingué, parallèle au nôtre, tellement loin alors qu’il est géographiquement si proche. Le héros du livre raconte son histoire avec verve et narre ses péripéties avec sincérité, alternant le rire et le plaisir du lecteur avec la consternation et le tragique.

Incognito, bien avant d’autres, Thierry Jonquet nous parle d’un monde malade, il nous décrit un univers plutôt glauque, noir et difficile dans lequel la vie avance tant bien que mal. En nous faisant rire, en nous secouant parfois les tripes, il pointe ce que nous ne pouvions pas voir mais qui se pointait à toute vitesse : la montée de la délinquance, de la violence, encore plus chez les mineurs, la percée de l’islamisme, le communautarisme latent, l’échec de l’école, etc. Ce livre est d’autant plus appréciable que cette aventure dans la banlieue est aussi un apprentissage de la vie, des sentiments avec cet adolescent attachant qu’est le héros. Peu importe si l’on devine rapidement le dénouement, impossible de bouder son petit plaisir. Vivant et réussi.

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