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10/06/2009

La vie et demie - Sony Labou Tansi

SONY_LABOU_TANSI,_La_vie_et_demie.jpgIl faut s’accrocher avant de lire la vie et demie. C’est une œuvre originale d’un baroque ahurissant. C’est peu de dire qu’on a ici affaire à un imaginaire débridé et à un fantastique survolté qui sont utilisés comme moyen de dénonciation et de critique de la dictature, des régimes sanguinaires et de leurs effrayants despotes officiant sous les chaleurs tropicales de l’Afrique noire. En effet, il faut lire la vie et demie comme une attaque désespérée, une offensive délirante en forme de moquerie, de pied de nez contre l’oppression de ces régimes.  Le guide providentiel, despote de son état, tue son opposant le plus farouche et emblématique, Martial, qui refuse de s’éteindre définitivement et devient un spectre porteur de malédiction pour les années à suivre.

Style oral, narration vivante et rythmée, langue truculente pour un enchaînement de péripéties ahurissantes, du guide qui essaie en vain de se débarrasser de Martial tout en continuant à persécuter son peuple, de Chaïdana la fille de Martial en quête éternelle d’une vengeance, de sa descendance en opposition perpétuelle pour la libération de tout un pays. C’est un ballet sanglant sur plusieurs générations qui monte crescendo avant d’exploser dans une indescriptible hystérie et de se terminer dans l’oubli et la perte de sens par l’absurde.

Tout au long du livre, il est difficile de se départir d’une impression de folie que confirmerait le rire sardonique de l’auteur émergeant comme par miracle des pages noircies d’encre. Volontiers violent et cru, Sony Labou Tansi crache sur les dérives de l’Afrique et du pouvoir en particulier, sur le colonisateur qui est bien sûr évoqué. Il se laisse aller à une folie, à une logique d’emballement, de chaos et d’absurdité qui malheureusement lâchent le lecteur, le perdent, le lassent bien trop vite. Il est difficile de suivre et de survivre à ce foisonnement de personnages, d’intrigues, de styles qui relève vite de l’explosion tout azimuts. Tout est mélangé et le réel n’existe plus peut-être pour achever de persuader de manière originale le lecteur courageux, que ce que l’auteur dénonce est bien inadmissible et ne doit pas être.

Commentaires

La vie et demie est le meilleur roman africain que j'ai lu jusqu'ici. Sony Labou Tansi est vraiment dingue. Merci pour le plaisir!

Écrit par : Kun | 03/08/2011

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