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Le pressentiment - Emmanuel Bove

pressentiment-le.jpgCharles Benesteau est un homme qui a tout en apparence pour être heureux. Issu d’une famille bourgeoise à l’aise financièrement, et doté d’un certain patrimoine, c’est un avocat qui est marié à une belle femme et le père de deux enfants. Mais pourquoi alors quitte t-il ce petit monde de bonheur pour aller vivre seul dans un quartier populaire de Paris, loin de sa famille, de son travail, de ses frères et de son héritage ? Crise de la cinquantaine ? Quelque chose qui s’en approche mais avec un supplément d’âme. Charles est dégouté de ses semblables, de la comédie humaine et de la bassesse des gens. Il aspire à plus de hauteur, plus d’humanité. Chose qu’il n’aura pas en découvrant que le petit peuple n’est pas meilleur que les bourgeois qu’il a quittés. Au moins aurait-il pu rester en paix dans la solitude d’une retraite hors du monde, mais son ancienne vie, son ancien métier, ses parents ne le lui en laissent pas l’occasion. Pas plus que l’existence qui va mettre la petite Juliette de manière impromptue dans sa vie et le forcer à se battre contre des moulins à vent en espérant un je ne sais quoi de supérieur et de bon dans l’homme.

Le pressentiment aurait pu être un grand livre doté d’une fin tragique, mais à vrai dire, il m’a laissé un peu sur ma faim. Il y a une modestie de l’écriture et du style, classique, qui s’approche plus de la fadeur. Les sentiments de Charles Benesteau ne sont pas vraiment exploités, on reste à la lisière de ce que vit le personnage intérieurement sans y avoir accès. Sa fuite hors du monde et le caractère implacable et ironique du monde qui ne le lâchent pas ne sont pas assez mis en valeur par les situations mises en scène par Emmanuel Bove. Là encore, l’impression est que la mesure tue le potentiel des histoires et qu’on ne va pas au bout des choses, lorsque Charles revoit sa femme, ou alors visite son frère, ou encore lorsqu’il est mal perçu par le voisinage. Le pressentiment est un livre à fort potentiel mais qui reste en deçà de la réputation qu’il est en train de (ré) acquérir. Charles Benesteau à tant à faire sentir, à faire entendre, tant à mettre en relief, dommage qu’il reste un peu loin et rapidement assez flou dans la mémoire. Se laisse lire sans vraiment marquer.

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