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Murambi - Boris Boubacar Diop

murambi.jpgJ'ai pris ce livre avec appréhension. La fiction peut-elle atteindre la réalité ? J'ai lu auparavant sur le même sujet, Jean Hatzfeld. Quelle problématique, quelles voix nouvelles Boris Boubacar Diop peut-il apporter ? C'était évidemment stupide. En quoi le si c'est un homme de Primo Levi invalide entre autres le Etre sans destin de Imre Kertesz ? Murambi est un livre réussi, dur et poignant. Il tient le pari de la fiction pour raconter le terrible génocide du Rwanda en 1994 avec toutes ses histoires terribles, insupportables, tout en ressortant la complexité du conflit souvent oubliée ou négligée.

Par le biais de ses personnages Boubacar Diop pose les questions de l'héritage de ce génocide,  de la frontière pas systématiquement claire de la victime et du bourreau, du pardon, de l'oubli, de la folie, de la responsabilité historique locale et étrangère, de la résistance, de l'espoir et du doute.  La structure romanesque alterne les prises de parole des personnages pour mêler ces thématiques sans oublier de raconter une histoire - le retour de Cornélius l'exilé après le génocide.

Ce n'est pas une simple suite de témoignages - Difficile de faire mieux que Jean Hatzfeld dans ce genre. Il y a aussi des réflexions lancinantes, des pics dans les esprits et dans les coeurs, qui ne cessent d'interroger cette zone d'ombre. Suffit-il d'un évènement historique, de la seule force du témoignage pour faire naître une oeuvre formidable ? Non, c'est ce que notre époque a tendance à oublier dans sa frénésie de témoignages. Ce serait trop simple. Il faut aussi le talent et le travail de l'auteur comme dans Murambi. 

A lire.

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