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Notre besoin de consolation est impossible à rassasier - Stig Dagerman

sd.jpgC’est beau, pur, mélancolique et…désespérant de lucidité. Je n’ai pas d’autres mots que ceux là. Ce texte court de Stig Dagerman est un long poème en prose qui résonne comme un cri insupportable devant le fardeau de la vie, devant cette incomplétude qui n’a pas de nom en l’être humain et qui se trouve exacerbée par la vie moderne. Il n’y a rien à dire sur la lucidité de ce texte qui dégage une image d’innocence, loin des insidieux compromis, des barbotages crasseux auxquels nous sommes contraints dans l’existence ou face au miroir.

Dur à sa manière, Stig Dagermann révèle indirectement la fin inéluctable qui a été la sienne : le suicide. Il n’a pas trouvé de consolation à hauteur de ses espérances, sans doute parce qu’une grande âme doit supporter plus de douleur qu’une autre – Chateaubriand. Je ferme les yeux un instant et je sens brutalement cet abîme, ce souffle de désespoir qui nous ouvre les bras à tout instant. Vite, je les rouvre et j’essaie de m’accrocher à n’importe quoi, d’oublier que la vérité est là tapie dans les moments de silence, dans les mots, la musique triste de Stieg Dagerman: notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

Magnifique.

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