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Notre pain de chaque nuit - Florent Couao Zotti

pain de chaque nuit.jpgVoici l’histoire de Dendjer, enfant de la rue, délinquant sorti de la géhenne par la voie de la boxe. Passionné, violent, Dendjer aurait pu connaître le bonheur en allant au sommet du noble art et en s’occupant de Viko le fils qu’il a eu un soir de légèreté et d'oubli avec Adjoké la vendeuse d’oranges. Mais il n’en est rien parce que Dendjer est lié par une folie amoureuse, un amok charnel avec Nono, la prostituée dont il s’occupe et qu’il aime jusqu’au fond de son être. Seulement, Nono est une femme avide d’hommes et d’argent, une fille vénéneuse à laquelle il ne faut pourtant pas s’attacher, envoûtante par ses charmes démoniaques, maudite dans ses actes, insaisissable.

Ces deux personnages liés par un meurtre dès le début du roman se poursuivent, s'aliènent jusqu’à une issue dramatique. Le livre de Florent Couao Zotti a un rythme enlevé, débordant de verve et de lyrisme dans la langue comme dans les sentiments. Il est facile de coller aux basques de Dendjer le boxeur colérique qui essaie de reconquérir l’amour de Nono la prostituée qui s’est jetée dans les bras d’un richissime et ambitieux député. Peu importent les failles et les insuffisances du roman, notamment en ce qui concerne les meurtres ou l’ascension du boxeur, l’essentiel n’est pas là. Le cœur du roman, c’est la passion romantique brute, maladive associée à l’avilissement sexuel, à la magie de charmes divins qui provoquent la chute de la totalité des personnages, entraînés dans une spirale de la décadence qui exclut morale, sagesse, raison et tradition.

Qu’est ce qui peut résister à la passion et encore plus au sexe – toujours, partout, tout le temps, le sexe - ? Pas grand-chose, pas grand monde dans le roman de Florent Couao Zotti qui a un regard dur, passionné et fasciné sur l’amour et le sexe, ces addictions dont on peut parfois sous estimer l'impact, le pouvoir sur nos frêles existences. Il en profite au passage pour tracer rapidement le portrait d'un Bénin délabré – qu'on peut par facilité étendre à une grande partie de l’Afrique noire – perdu entre corruption à tous les étages, libertinage sexuel inconséquent, vénalité et misère avilissantes, fièvre sauvage et incontrôlée.

Pur et naïf par moments, parfois convenu et simple, violent et intense, empli de passion et de sexe à l’état brut, ce livre vaut le détour. 

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