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Siegfried, une idylle noire - Harry Mulisch

siegfr.jpgJe découvre Harry Mulisch avec un certain scepticisme. Siegfried est un livre qui met en scène l'auteur lui-même en visite à Vienne suite à une invitation de l'ambassade de son pays en Autriche. C'est lors d'une interview programmée durant son passage dans cette ville que va se révéler le sujet de son prochain ouvrage: la clé d'un mystère qui hante toute son oeuvre. Hitler. La première partie du livre est parfois empreinte d'une autosatisfaction de l'auteur face à son oeuvre et sa réputation, ce qui est un peu gênant même si à cette occasion, Harry Mulisch explique vaguement ses théories romanesques. Tout ça est assez ennuyeux jusqu'à ce qu'intervienne le vrai sujet du livre qui transforme la première partie du livre en une bien longue introduction.

Comment Harry Mulisch peut-il appréhender Hitler devant la masse d'études, de tentatives qui l'ont précédé ? En inventant un fils au Führer...Là débute un récit confession qui est accompagné de réflexions de l'auteur. Si on n'adhère pas à ce pivot fictionnel, le livre paraît simplement ridicule, une élucubration quelconque sur Hitler. Supposons quand même que l'on souhaite adhérer à cette thèse du fils de Hitler, alors ? On finit quand même par se heurter à ce qu'il faut bien appeler un babil pseudo philosophique, ésotérique assez étonnant pour un auteur aussi réputé. Il se lance dans des démonstrations de diseuse de bonne aventure qui laissent pantois. Inutile de revenir sur ses théories à propos d'Hitler et le néant auxquelles Nietzsche est associé. La fascination pour Hitler et la volonté de le saisir autrement, par le biais de la fiction, sont les deux mamelles de ce livre raté. Et ce n'est pas la dernière partie en forme de journal personnel d'Eva Braun qui peut le sauver.

A un moment du livre, exposant ses théories romanesques, Harry Mulisch n'hésite pas à affirmer que le style, le comment d'un livre prime sur le sujet et empêche par exemple Shakespeare d'être un vulgaire auteur mélodramatique . C'est une folle ironie dans la mesure où même la technique littéraire de ce géant de la littérature hollandaise ne lui permettent pas de s'emparer du sujet et de le transcender.

Très décevant.

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