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Stalker (Pique-nique au bord du chemin) - Boris et ArKadi Strougatski

stalker.jpgIl y a au départ de ce livre de science-fiction, une idée originale: la visite. Des extra-terrestres ont effectué un bref passage sur terre et sont repartis pour de lointains horizons sans un mot, sans un contact avec les humains.  Comme si nous n'étions que de vulgaires fourmis sur la route de leurs projets inconnus. D'eux ne subsiste que la transformation de certains endroits de la terre où ils ont séjourné en zones complètement différentes de tout ce que nous connaissons: dangereuses, mortelles, autres. Bien entendu ces zones sont des lieux stratégiques qui concentrent l'intérêt des scientifiques et des militaires et génèrent les rumeurs les plus folles. Les stalkers sont des humains qui risquent leur vie pour aller piller ces zones, prendre des objets laissés, abandonnés par les visiteurs et les revendre au plus offrant ou à un commanditaire.

A partir de l'idée de cette visite, de ces zones, les frères Strougatski développent des réflexions très intéressantes sur l’existence d’une vie extra-terrestre, la place et l’importance de l’homme dans l’univers, son rapport à la technologie et aux phénomènes naturels ou autres, la communication, le rapport de force entre des espèces différentes. La visite a bouleversé la terre et changé de façon irrémédiable les hommes et leur vision des choses. Au-delà du caractère innovant de l'idée de la visite et des problématiques induites, Stalker est aussi une histoire humaine, celle du Stalker Redrick Shouhart.

C'est un personnage attachant, un voyou rêveur, idéaliste et libertaire, qui donne une âme à cette histoire, un souffle qui dépasse le cadre de la science-fiction. Il est l’élément qui révèle le piège de l’attraction de la technologie des extra-terrestres. Personnage fort, complexe, riche de failles multiples, partagé entre la grandeur, la bassesse, la normalité dans ce contexte particulier, Redrick Shouhart est un concentré de l'angoisse, de l'illusion, mais aussi de la poésie et de la lumière engendrée par la Zone et par ce roman. La fin du livre est belle, humaniste et justifie à elle seule, un accessit.

Très bon.

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