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Tours et détours de la vilaine fille - Mario Vargas Llosa

vilaine fille.jpgIl n’y a que Mario Vargas Llosa pour parler d’amour et de passion dans un livre avec un tel lyrisme en ce début de XXIème siècle sans passer pour un auteur pour filles ou à l’eau de rose. Tours et détours de la vilaine fille est un livre qui paraît échappé de la vague romantique XIXème siècle. dans ce qu'il a d'absolu, d'intense, de tragique et  aussi de kitsch.

Le premier amour de Ricardo au moment de ses premiers émois à Miraflores au Pérou sera le seul de son existence : la vilaine fille. Le livre est tout autant l’histoire d’une passion éternelle que le portrait d’une femme avide d’argent. Car la vilaine fille qui va revenir à fréquence régulière dans la vie de Ricardo est une femme vénale, une petite tigresse sans cœur qui n’a d’autre ambition que d’acquérir la fortune à travers un mariage. La nina mala est une femme sans pitié qui n’a cure des sentiments et Ricardo, l'amoureux transi, ne fait pas exception. Il est une constante dans sa vie dont elle semble apprécier l’honnêteté mais pour lequel elle ne peut abandonner son vice ou sa nature. La folle passion de Ricardo, maladive et tragique à bien des égards, ne lui suffit pas.

Et pourtant ce dernier souffre pour obtenir la vilaine fille, il ne rechigne à aucun sacrifice, aucune douleur n'est assez grande pour assouvir sa soif de cette fille. Tout au long de son existence, de ses voyages, de ses expatriations, la vilaine fille n'est pas loin, quelque part dans son cœur, au fond, quelque part dans son existence, à la marge. L’intérêt de cette histoire tient d’ailleurs d’abord au portrait de cette héroïne hors du commun puis à cette passion surannée.

Comme souvent avec Mario Vargas Llosa, le Pérou et son histoire sont présents das le livre. L'élégance de la narration, et le rythme emportent le lecteur. On est quelque fois à la limite du kitsch et quelques aventures sont parfois prévisibles ou un peu trop étirées. Mais peu importe, il y a une telle fraîcheur dans ce livre, une telle passion, quelque chose de si fou et de si attirant qu’on se laisse gagner par le jeu des deux protagonistes, par le lyrisme de Mario Vargas Llosa et on plaint Ricardo qui semble atteint du fameux mal du siècle (mélancolie) et on déteste la fascinante nina mala. Bon moment de lecture. Plaisant.

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