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Léo Perutz

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Biographie

Leo Perutz est un écrivain de langue allemande d’origine juive, né à Prague en 1882. Fils d’industriel, il quitte Prague et émigre à Vienne pour terminer ses études de mathématiques (une formule mathématique porte son nom et il est l’auteur d’un traité de jeu de bridge fondé sur le calcul des probabilités. Il est également employé dans une compagnie d’assurance italienne dans laquelle, pour la petite histoire, il travailla quelques mois avec Franz Kafka).

Mobilisé dans l’armée autrichienne lors de la grande guerre, Léo Perutz est blessé sur le front Est en 1915. Une anecdote veut qu’après son opération sans anesthésie, à sa demande, il jette les deux côtes qu'on lui enlève à un chien qui n'y touche pas.

En 1918, il épouse Ida Weil, fille d'un médecin viennois, qui meurt à la naissance de leur troisième enfant en 1928. Il convole plus tard en secondes noces en 1935 avec Grete Humburger. Mais depuis 1933, les soucis de Léo Perutz ont commencé avec l’arrivée au pouvoir d’Adolph Hitler. Son roman dont l’un des thèmes est la manipulation politique, La neige de saint-pierre, est interdit. Il en sera de même pour Le cavalier Suédois.

En 1938, c’est l’Anschluss, Léo Perutz s’enfuit. Il émigre en Palestine, future Israël. Il y restera, ne revenant en Autriche qu’à partir des années 50. Il meurt en 1957, près de Salzbourg, en Autriche

Bibliographie

La Troisième balle, le premier roman de Léo Perutz, est publié en 1915 à son retour de la Grande Guerre. Il écrit aussi en collaboration avec Paul Frank, Le Miracle du Manguier (1916). Les deux hommes écriront également un scénario de film plus tard en 1927, Le Cosaque et le rossignol. Le marquis de Bolibar suit La troisième Balle en 1920, puis Le maître du jugement dernier en 1923 et Turlupin en 1924. Léo Perutz est à son apogée en 1928 quand paraît Où roules-tu, petite pomme ? en roman-feuilleton dans le Berliner Illustrierte Zeitung. Il est lu par 3 millions de lecteurs et traduit notamment en France. C’est un des auteurs de langue allemande les plus lus. En 1930, il écrit une pièce de théâtre avec Hans Adler au succès mitigé (Le Voyage à Presbourg). Après l’interdiction de La neige de Saint Pierre et du Cavalier Suédois, la guerre et l’exil feront tomber Léo Perutz dans l’oubli. Léo Perutz n’écrira plus rien jusqu’en 1953 et La nuit sous le pont de Saint Pierre. Le Judas de Léonardest publié à titre posthume.


Reconnaissance

Hermann Broch est un des premiers à reconnaître le talent de Léo Perutz en publiant en 1920 une critique favorable du Marquis de Bolibar. Ian Fleming et Alfred Hitchcock feront part de leur admiration pour lui. Jorge Luis Borges a souligné son génie, le considérant comme un « Kafka aventureux ». Jean Paulhan et Roger Caillois lui ont attribué notamment en 1962 le prix Nocturne à titre posthume.

L’œuvre

Léo Perutz est un exceptionnel conteur d’histoires. C’est un maître de la narration et de l’art du récit dont les intrigues ont une forte puissance évocatrice. Il sait emporter son lecteur, l’immerger rapidement dans une histoire, le captiver et entretenir le suspens jusqu’à des dénouements souvent surprenants.

Il y a quelque chose de l’intrigue policière dans ses romans. Il s’agit souvent d'investigations, de poursuites d'individus, de preuves, de réponses qu’il place dans un contexte historique, qui met en valeur son travail d’écrivain et son érudition. Et pourtant, souvent le fantastique vient se mêler aux faits réels pour révéler de manière originale et lucide la nature humaine et sa part de mystère, d’étrangeté et de non décryptable.

Si ses récits sont classiques dans le style, ils ont chacun une mécanique propre, une logique qui rappelle en quelque sorte le mathématicien qu’il est. A la recherche d’un certain absolu, les personnages de Léo Perutz apprennent à leurs dépends la réalité du monde et la lucidité en subissant une fatale destinée diaboliquement implacable. En dépit de leurs efforts pour y échapper. Kafka, nous voilà.

C’est d’un dramatique d’autant plus douloureux que ces personnages, aux carrefours de l’Histoire, bénéficient de moments clés durant lesquels la possibilité d’échapper à ce qu’ils sont de (re) définir, trouver leur identité existe. L’identité est un thème phare de l’œuvre de Léo Perutz qui joue souvent avec les idées de masque, de substitution, de ressemblance, de dissimulation. Qu'est ce qui est vrai, qu'est ce qui est réel ? Un monde plus complexe et nuancé émerge des pages du romancier.

Léo Perutz a le génie d’être profond et divertissant à la fois, et ce n’est pas donné à tous.

Chroniqués sur ce site:

Où roules-tu petite pomme ?

Le marquis de Bolibar

Le judas de Léonard

La neige de Saint Pierre

Le cavalier Suédois

Le tour du cadran

Le maître du jugement dernier

Le miracle du manguier

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