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Georges Hyvernaud

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Biographie

 

Georges Hyvernaud est un écrivain français né en 1902 dans une famille modeste. Sa mère est couturière et son père ajusteur. Son enfance est apparemment triste, en Charente chez ses grands-parents maternels ou à Saint-Roch chez sa tante grabataire dont s’occupe sa mère ou encore à partir de 1914 à Ruelle-sur-Touvre avec ses parents. Elève brillant, il est major de l'École normale supérieure de Saint-Cloud. Il enseigne d’ailleurs à celle d’Arras où il est affecté après son service militaire. Il y rencontre en 1936 Andrée Delorme son épouse, qui lui donnera une fille en 1937. C’est une période pendant laquelle il écrit dans diverses revues littéraires (1926-34). Affecté ensuite à Rouen, il y reste jusqu'en 1939 quand il est mobilisé dans le Nord pour le second conflit mondial. Il sera rapidement fait prisonnier dès 1940 et restera dans les Oflags en Poméranie jusqu’à la libération après avoir traversé à pied les territoires occupés. De retour des camps, il reprendra sa carrière de professeur à l’école normale supérieure et publiera ses deux principaux ouvrages (La peau et les os en 1949 et Le wagon à vaches en 1953) avant de se consacrer à une œuvre pédagogique. La culture et le détachement dans la solitude furent son quotidien jusqu’à sa mort en 1983 à Paris.

Bibliographie

Georges Hyvernaud n’a jamais vraiment intégré les cercles littéraires. Juste après la guerre, il publie Lettre à une petite fille, puis ses deux livres La Peau et les Os (1949) et Le Wagon à vaches (1953) tirés de son expérience dans les oflags et de son retour à la vie normale. Il sombre rapidement dans l’oubli, victime, comme beaucoup d’autres écrivains de cette période de l’indifférence des milieux littéraires. Il faut dire que plaire n’est pas son souci majeur. Convié à participer aux Temps Modernes avec Sartre qu’il estimait sans l’avoir jamais rencontré, il refusa, soucieux de son indépendance. C’est seulement trente ans après, à titre posthume, dans les années 1980, que son œuvre va connaître un regain d’intérêt avec les rééditions de ses romans et les publications de Lettre anonyme son troisième roman abandonné, de ses notes personnelles, les Carnets d'oflag, de ses lettres de la drôle de guerre à sa femme, L’Ivrogne et l'emmerdeur, et de ses Lettres de Poméranie. Notons qu’à sa mort, un seul critique, Jean-José Marchand, a salué son œuvre dans La Quinzaine littéraire.

« Ecrire, c'est ce que je fais de moins mal » disait-il.

L'Œuvre


L’écriture de Georges Hyvernaud est dure, sèche, acide, réduite à l’essentiel. Pas de fioritures, pas d’excès, pas d’ostentation, rien que du brut, la langue du quotidien délestée de tout artifice. Normal, sa langue est comme une arme extrêmement affûtée. Elle doit faire mouche. Et mal. Son rôle est de porter le regard lucide et amer, désenchanté d’un auteur qui est intransigeant avec ses semblables.


L’expérience de l’Oflag a changé à jamais Georges Hyvernaud. Sa vie n’a plus été la même après. Il en est revenu avec une œuvre noire, âpre, d’autant plus cruelle qu’il a une très haute idée du genre humain. Le constat est souvent désolant pour ceux qui ont des ambitions trop grandes pour la nature humaine comme lui. Le contexte de la guerre lui entrouvre encore plus les yeux sur la médiocrité et la bassesse de la nature humaine, le vide et la futilité qui ont envahi le quotidien de la civilisation. La lucidité de Georges Hyvernaud issue de la promiscuité extrême avec ses semblables et d’une distanciation par rapport à la petite vie de province après les épreuves de la guerre peut-être insupportable pour certains. Rassurez vous, elle l’est aussi pour lui qui ne s’épargne pas et qui ne trouve d’échappatoire que dans la solitude et dans le retrait du monde.


Chroniqués sur ce site

La peau et les os

Le wagon à vaches

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