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Les crapauds brousses – Tierno Monénembo

9782757816691FS.gifAprès ses années d’études d’électricité à l’étranger, en Hongrie, Diouldé est de retour au pays, des idéaux plein la tête. Seulement voilà, tous ses idéaux se heurtent rapidement à la réalité du pays du dictateur Sa Matrak - la Guinée de Sékou Touré. Il rêvait d’apporter sa pierre à l’édification de sa patrie après les indépendances, de contribuer au progrès à sa façon, électrifier les villages. Finalement, il s’englue dans un environnement rongé par la corruption, le népotisme, le clientélisme.

Ce que Tierno Monénembo décrit dans la première partie de son livre est très intéressant. C’est la faillite d’une jeunesse Africaine (pas uniquement celle de retour de l’étranger), dont les promesses, les illusions, les ambitions s’effondrent. Les jeunes hommes du roman constituent une sorte de classe moyenne qui n’arrive pas à éviter les écueils de ses aînés dont elle a pourtant parfaitement connaissance. Il y a une forme de fatalité, en partie due au contexte politique, qui emporte leur envie et leur détermination. Un peu de facilité aussi. La fête, l’alcool, les filles, l’argent recouvrent les mots de révolte, de renversement, de changement et de progrès qu’ils osent encore prononcer sans trop y croire.

Ce qu’il y a d’ironique dans le livre, c’est que ce sont ces mots qui causent indirectement la perte de Diouldé et de ses amis, alors que pour eux la révolte n’est sans doute plus qu’une plaisanterie. La chute de Diouldé est l’occasion pour Tierno Monénembo de faire coulisser encore plus le livre vers la dénonciation de la violence, de la répression, de la criminalité du système dictatorial de Sa Matrak. C’est le lit des charognards et des opportunistes dont deux portraits sont faits (Gnawoulata et Daouda). Il est vraiment dommage que cette dénonciation de la guinée de Sékou Touré perde son souffle à la fin du livre.

En fait dernière partie du livre m’apparaît ratée et moins convaincante. Tierno Monénembo centre alors son intrigue sur la femme de Diouldé. Le récit de la transformation de cette dernière, de son émancipation, est un peu bâclé. Il en est de même pour celui de la fuite d’un groupe de résistants hors de la capitale. A ce moment là, le livre est assez fade, quelque peu brouillon, et finit par se conclure sur la naissance et l’affirmation de la résistance armée au régime de Sa Matrak aux frontières du pays.

A noter que Tierno Monénembo aborde le traditionnel choc entre la modernité et la culture traditionnelle en Afrique. Le mariage d'amour de Diouldé est à ce titre symbolique. La présence de sa famille et plus précisément du couple de ses parents dans le récit sert aussi d'illustration à cette thématique. Ces thèmes sont par ailleurs traités de manière très classique par l'auteur guinéen.

Les crapauds-brousses est la première œuvre de Tierno Monénembo. Elle annonce le romancier convaincant de L’aîné des orphelins. Elle a les défauts d’une œuvre de jeunesse. Parfois maladroite, un peu naïve, et surtout lestée par sa conclusion, elle n'en demeure pas moins intéressante par à coups.

Très inégal.

Commentaires

  • Les crapauds brousses, livre fictif de Tierno Monénembo, est un roman tout autre du point de vue de sa critique de l'Afrique désenchantée et des désenchantés. l'auteur aborde les aventures douloureuses du continent noir moderne avec âme et vision.
    lire ce roman, c'est vivre le désenchantement et se situer d'un coup dans une planète désenchantée. Au total, ce roman vaut la peine de figurer dans nos annales de littérature visant la révolution implicite des Afrique noire.

    Didier Mbambu YIMAZAYA, Etudiant 2ème Licence
    français-langues africaines: ISP/kikwit, RDC-Bandundu.

  • Les crapauds brousses, livre fictif de Tierno Monénembo, est un roman tout autre du point de vue de sa critique de l'Afrique désenchantée et des désenchantés. l'auteur aborde les aventures douloureuses du continent noir moderne avec âme et vision.
    lire ce roman, c'est vivre le désenchantement et se situer d'un coup dans une planète désenchantée. Au total, ce roman vaut la peine de figurer dans nos annales de littérature visant la révolution implicite des Afrique noire.

    Didier Mbambu YIMAZAYA, Etudiant 2ème Licence
    français-langues africaines: ISP/kikwit, RDC-Bandundu.

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