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Mémoire d’éléphant – Antonio Lobo Antunes

9782020348966.jpgMémoire d’éléphant est le premier roman d’Antonio Lobo Antunes. Paru en 1979, il se déroule en une journée durant laquelle la vie du narrateur est esquissée à travers ses pensées. Dès les premières pages, il est aisé d’accorder un style singulier à l’auteur. En effet, ce qui marque dans mémoire d’éléphant, c’est l’écriture d’Antonio Lobo Antunes.

Loin d’être forcément plaisante ou agréable pour le lecteur, la langue de l’écrivain portugais est empreinte d’une fantaisie à laquelle il faut se confronter. Difficile de ne pas être assailli par la créativité qui irrigue le texte. L’écriture est riche d’images, de métaphores, d’allusions et de références. Elle est tellement présente qu’elle en arrive à écraser le (s) personnage (s), le récit et le propos du narrateur. C’est juste trop, a-t-on envie de dire à Antonio Lobo Antunes. Trop, parce que derrière, qu’y a t-il ? Des histoires qui ont du mal à émerger et à marquer.

Le narrateur, psychiatre, est plongé dans une déprime qui exhale de chacun de ses propos teintés d’ironie, de tristesse et de lassitude. Il y a bien quelques passages d’une force poétique certaine, d’un désespoir abyssal. Par moments, la solitude et le poids du passé débordent du texte mais ils sont généralement noyés dans d’interminables bavardages, dans de minuscules mais pléthoriques digressions sur un peu tout et rien. A la fin, il reste bien sûr une certaine idée du Portugal hérité de Salazar, oui mais une idée vague, bordélique et imprécise, un fatras d’images amalgamées par l’écriture d’Antonio Lobo Antunes.

Il est vraiment dommage que l’écrivain demeure à la lisière, du drame de la séparation avec sa femme et ses filles, de son passage en Angola, de son éducation bourgeoise catholique, de son héritage familial. Ses drames semblent lointains, pâles et du coup sa révolte sonne souvent creux, frappée d’une certaine vacuité. On en arrive à trouver parfois long ce bref roman et à être fatigué de sa langue pourtant originale.

J’avoue simplement que je n’ai pas été convaincu par cette première lecture d’Antonio Lobo Antunes.

Bof.

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