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Je la voulais lointaine – Gaston Paul Effa

web_Je-la-voulais-lointaine.gifJe n’avais pas été vraiment convaincu par le voici le dernier jour du monde de Gaston Paul Effa, il y a quelques années de cela.  J’ai récidivé pourtant avec Je la voulais lointaine après avoir entendu une interview intéressante de l’auteur franco-camerounais dans l’émission cosmopolitaines sur France Inter. Malheureusement, ce deuxième essai n’est pas plus concluant que le premier.

Je la voulais lointaine est l’histoire d’Obama, un jeune africain qui quitte son village pour aller suivre ses études à Strasbourg. Couronné de succès dans les études et apparemment en amour avec Julia la blonde, l’exil de ce jeune homme aurait pu faire figure de réussite si un incident mineur ne l’avait ébranlé. Brutalement, c’est la chute, Obama remet en question ses acquis dans son pays d’accueil et revient à ses origines, dans une quête de lui-même, de son identité qu’il a reniée.

Obama ? N’est-ce pas déjà une erreur de nommer ainsi son personnage principal lorsque l’on sait la référence chargée de significations – cf. le président américain - à laquelle ce prénom est désormais attaché ? Bien sûr, ce n’est pas très grave, mais c’est symptomatique des facilités et des faiblesses de ce livre. L’incident qui fait douter puis chuter Obama par exemple ? Un jeu de mot mal venu sur la copie d’une élève - je suis le seul à voir là un pauvre clin d’œil volontaire ou pas à la tâche de Philip Roth ? Je n’en dis pas plus, mais c’est peu mis en scène, mal exploité et ne semble servir que de prétexte à enchaîner sur le retour aux racines d’Obama. La fiancée Julia ? Cliché, car forcément blonde aux yeux bleus pour symboliser la femme blanche dans ce qu’elle a de plus fantasmatique et d’opposé au noir. Certes, on est à Strasbourg…

Le problème avec le livre de Gaston Paul Effa est que tout est dans cette veine. Difficile de se détacher d’images d’Epinal à l’africaine : le grand père féticheur etc. C’est d’autant moins intéressant que sur des sujets cruciaux mais très explorés comme le déracinement de l’Africain, sa quête identitaire, son exil, la double culture, l’auteur franco-camerounais n’apporte pas grand-chose. Il reste à la surface, évanescent, un peu brouillon même dans l’ambiance semi onirique qu’il instaure quand la question du retour aux origines devient cruciale. Je la voulais lointaine n’arrive pas à marquer, à toucher, trop léger, trop quelconque, pas aidé par un Obama finalement insipide  - comme les autres personnages - aux aventures convenues.

Je la voulais lointaine bénéfice étonnamment d’une bonne presse, mais c’est un livre facile et raté.

Bref. Heureusement.

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