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L’Art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation – Georges Perec

augmentation.jpgDerrière ce titre à rallonge, très accrocheur, se cache un de ces exercices littéraires dont Georges Perec et les membres de l’OULIPO – ouvroir de littérature potentielle – ont le secret. Il s’agit donc encore et toujours d’écrire sous contraintes, ces dernières étant en l’occurrence représentées par le schéma absurde en introduction du livre. Une sorte de parcours du combattant, construit autour de plusieurs probabilités, qui fait tourner en rond le salarié désireux d’avoir une augmentation.

Il ne faut pas négliger la charge ironique présente dans le livre de Georges Perec. Vous pouvez toujours vous grattez pour avoir votre augmentation malgré une litanie d’efforts dans ce qui est toujours une démarche délicate. On est autant dans la moquerie légère à propos du salarié que dans la critique à peine déguisée de l’entreprise, de son fonctionnement et de la considération envers l’employé. Cependant le propos s’évanouit assez rapidement derrière la forme dans le livre de Georges Perec. Un peu dommage.

Comment faire de la littérature à partir de tout ça ? Un vouvoiement pour interpeller directement le lecteur et le mettre à la place du salarié en question d’abord. Ensuite une seule et interminable phrase  - Mathias Enard n’a rien inventé avec Zone - pour matérialiser la quête vaine et sans cesse recommencée de l’augmentation dans une exploration fluide de toutes les possibilités. Fluidité qui au passage n’altère pas, bien au contraire, un sentiment de folie, de course kafkaïenne, vaine et angoissante, qui s’explique par l’impression de répétition des situations dans la transcription littéraire du champ des possibles pour le salarié.

Comme auparavant pour un lieu, Georges Perec est embarqué dans une tentative d’épuisement, d’une situation cette fois-ci. C’est bien entendu, comme souvent avec lui, plus une performance qu'autre chose. Si ça peut-être admirable au niveau de la construction, assez original dans son ambition, il faut reconnaître que c’est assez chiant à lire bien que court, du genre vain, bien que plus convaincant que tentative d'épuisement d'un lieu parisien.

Georges Perec quoi.

 

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