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L’étrangère – Sandor Marai

9782253166733.jpgL’histoire de la chute de Viktor Askenazi. Victime d’un mal être difficile à cerner, à la recherche d’un absolu qui ne dit pas son nom, Viktor Askenazi court à sa perte. Et ça lui a pris comme cela, à 47 ans. Il a fait fi des conventions bourgeoises de son milieu, a lâché Anna sa femme, sa fille et sa carrière de professeur, pour suivre Elise, une danseuse rencontrée inopinément. Comme pour jeter à terre, pour bafouer, renier ce qu’il a été jusque-là, un homme conservateur, compassé et convenu. Peine perdue. Le monde découvert auprès de son amante, la vie différente, moins conventionnelle qui s’offre à lui ne le comble pas plus que cela et il s’en va de nouveau. La vie est ailleurs ?

Le personnage du livre de Sandor Marai est intrigant. C’est un être perdu qui vogue un peu au hasard, perdu dans une quête intérieure devenue obsessionnelle et paroxystique suite à la rupture des amarres avec sa vie antérieure. C’est plus qu’une sorte de crise de la  cinquantaine ou une déprime qu’affronte Viktor Askenazi. Brutalement expulsé hors de sa vie selon son propre désir et ses choix, puis de l’alternative qu’il s’est construite, il se lance dans une désordonnée quête de sens et de vérité. Mais où est le bonheur, où est la vérité ? Ni le mariage, ni l’aventure extraconjugale, ni la paternité, pas plus que son métier ne semblent remplir le vide que ressent Viktor et répondre à son besoin fondamental. Dans son élan, Viktor, catholique, interpelle la religion et Dieu lui-même. Progressivement, il se coupe du monde et devient – ou en tout cas est perçu comme – étranger quand sa chute s’achève dans une tragédie.

Le livre de Sandor Marai a une construction singulière. Il a une longue ouverture qui ne fait véritablement écho qu’au dernier tiers du livre. La partie centrale, la plus longue, contient les confessions de Viktor, un peu confuses et lestées par tout ce qui tourne autour du voyage qui le mène vers Dubrovnik et la fin de sa chute. Ce qui reste du livre, c’est surtout l’errance et les interrogations de Viktor Askenazi, son intense mal-être qui dépasse une histoire somme toute assez banale et des moments de flottement. Je ne m’étends pas sur le rapprochement qui peut être fait avec l’étranger d’Albert Camus (l’étrangère est paru bien avant).

Inégal mais intéressant avec des passages forts.

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