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L’oubli que nous serons – Hector Abad

9782070446209.jpgIl est difficile de dire plus justement ce qu’est l’oubli que nous serons que ne le fait le grand Mario Vargas Llosa dans la préface. Ce livre est une touchante autobiographie qui est centrée sur la figure du père d’Hector Abad. L’oubli que nous serons est un roman d’amour. Celui d’Hector Abad pour son père, médecin, professeur d’université et surtout humaniste jovial et soucieux des libertés et du progrès pour tous. Un amour filial qui irradie toute cette œuvre et bouleverse le lecteur. L’oubli que nous serons est un hommage, un tombeau de papier pour le père d’Hector Abad, ce héros dont il fait le portrait, assassiné à 65 ans en 1987 en Colombie.

Hector Abad se souvient et raconte le bonheur simple d’une famille comme on rêve d’en avoir tous. Ca pourrait être dégoulinant, complètement guimauve de se plonger dans ces histoires de famille, si l’œuvre d’Hector Abad n’avait pas – je cite Mario Vargas Llosa – «la beauté formelle, la qualité d’expression, la lucidité des réflexions, la grâve et la finesse». Surtout si cette famille heureuse et vertueuse n’avait pas été frappée par ces deux tragédies qui minent toute l’œuvre. Car outre la mort de son père, Hector Abad a aussi perdu sa sœur qui avait 16 ans d’un cancer. Il fait de ces deux drames, des récits qui ont une force exceptionnelle, bouleversante et déchirante.

L’oubli que nous serons est aussi une fenêtre ouverte sur un bout d’histoire dela Colombie, et plus particulièrement sur une de ses périodes les plus sanglantes, celle des assassinats en masse, lorsque la violence régnait en maître dans le pays et emportait tout sur son passage.  Si le père d’Hector Abad a été assassiné, c’est parce qu’il dénonçait l’abîme dans lequel son pays plongeait et aussi les coupables de ce naufrage.

L’oubli que nous serons est un livre que je recommande fortement. Il est d’une justesse remarquable, porteur d’une voix marquante et sensible. C’est un livre touchant et un ode au père qui éclipse par exemple celui que fait Albert Cohen à sa mère dans Le livre de ma mère.

Commentaires

  • Ahhhhhhh !!!!
    nous sommes bien d'accord. Un chef d'oeuvre de sensibilité, ce livre

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