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Tristano meurt – Antonio Tabucchi

tristano-meurt---une-vie-11163-250-400.jpgLa lecture de Tristano meurt d’Antonio Tabucchi terminée, je fais un rapide tour sur le net. Quelle n’est pas ma surprise de ne voir que des articles généralement dithyrambiques au sujet de cette œuvre. Mon avis est nettement plus mitigé, pour faire dans l’euphémisme. Alors de quoi s’agit-il ?

Tristano, sur le point de mourir, fait venir à son chevet un écrivain qui a écrit un roman dont il est le héros. Il souhaite raconter à ce dernier sa vie et plus précisément donner sa version des faits qui ont fait de lui un homme qu’on peut utiliser comme personnage principal d’une fiction. Gangrené à la jambe, sous morphine, en plein délire, Tristano revient donc sur les épisodes qui ont fait de lui un héros. Il part dans un monologue halluciné dans lequel se mélangent visages, noms, faits, émotions dans une chronologie totalement embrouillée.

Ce que tente de faire Antonio Tabucchi, c’est de nous plonger dans l’esprit embrumé d’un Tristano complètement shooté. Il essaie de nous faire entendre sa voix et celle de tous ceux qui le hantent, fantômes du passé qui ne le lâchent plus. Si au début et par moments, il y a une réelle dimension tragique dans les errances de cet homme dans son labyrinthe intérieur, il faut avouer qu’à la longue, tout ça est juste lassant, embrouillé et abscons. Difficile de démêler les fils de ce que raconte Tristano, entre rêves, visions et souvenirs. C’est d’autant plus frustrant que ce que ce dernier veut raconter tient surtout en deux ou trois épisodes autour desquels il brode indéfiniment sans pouvoir apporter grand-chose de nouveau malgré les pages qui s’égrènent.

Mais alors y a-t-il quelque chose à tirer de tout ça ? Vaguement dirais-je, tant l’ensemble est flou et le discours parfois pompeux quand il est un peu structuré. C’est dommage car en fait, Antonio Tabucchi avait des choses essentielles à dire. Il souhaitait d’abord questionner l’histoire officielle telle qu’elle est construite et le témoignage. Où est la vérité demande Tristano ? Comment dépasser la subjectivité, approcher au plus près du réel, des vrais actes, des vraies intentions, loin des récits que peuvent tisser l’historien, le romancier ou plus radicalement, n’importe quel témoin. Pourtant que reste-t-il à la fin, sinon ces récits ? Ainsi peut-on faire de Tristano un héros alors que lui-même se voit un peu comme un lâche et finalement seul ?

Le problème est qu’Antonio Tabucchi n’a pas réussi à écrire une fiction à créer de la chair autour de ses idées. Il ne suffit pas d’une voix, ni de mettre un peu d’Histoire, quelques souvenirs épars autour de ces idées.

Brouillon et ennuyeux.

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