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Tour de France, Tour de souffrance – Albert Londres

tour-de-france-tour-de-souffrance-albert-londres-9782842613457.gifEn 1924, Albert Londres a suivi le tour de France pour le compte du journal le Petit Parisien. Ce petit livre est une compilation de ces articles. Pour la petite histoire, ce tour de 15 étapes pour 5 425 km a vu la victoire d'Ottavio Bottechia, premier italien à s’imposer sur la grande boucle. Pour le reste, ce sont des articles courts qui racontent à la fois un tour aujourd’hui disparu et un tour éternel.

S’agissant du tour disparu, un vent de romantisme, peut-être malvenu, fait frissonner le lecteur. Celui d’aujourd‘hui qui regarde peut-être avec nostalgie cette course barbare du passé, mais aussi celui d’hier qui découvrait une forme d’aventure extraordinaire et d’exploit à travers les mots d’Albert Londres. Un tour de France complètement fou donc avec d’improbables départs nocturnes, des règlements un peu absurdes, des accidents violents et une débrouille permanente: les réparations artisanales des crevaisons, des chaines cassées, la solitude du coureur sans oreillette et j’en passe.

Sinon une part de ce que décrit Albert Londres peut encore être retrouvée aujourd’hui par les amateurs de la pédale. Déjà le dopage à l’aide de toutes sortes de produits, même si on est vraiment loin de la triste ère de suspicion et de médicalisation malsaine du cyclisme actuel. La ferveur populaire est aussi présente, avec cette admiration sans bornes pour ces gars qui laissent leurs tripes sur la route, mais aussi les excès d’enthousiasme dans le soutien aux coureurs et sur la route du tour, voire une certaine agressivité, la fascination un peu gênante pour la souffrance physique à un très haut niveau.

Ce n’est pas parce qu’il est consacré au sport et plus précisément au vélo qu’il faut croire que Tour de France, Tour de souffrance diffère des autres livres d’Albert Londres. Avec ces articles, le grand reporter reste inscrit dans sa tradition de dénonciation de la souffrance des hommes, de la violence qu’ils subissent, du système qui la produit. Ce sur quoi s’attarde Albert Londres, c’est vraiment sur la folie d’une entreprise telle que le tour de France pour les coureurs. Dans chacun des articles, il revient sur les conditions de ces « forçats de la route », des passionnés livrés à une mécanique qui les broie physiquement bien sûr, mais aussi mentalement. La course elle-même, le public, l’organisation, le règlement, tout semble concourir à une certaine aliénation et à la souffrance de ceux qui apparaissent comme « de bons gars » sous la plume du reporter.

Tour de France, Tour de souffrance, c’est du Albert Londres dans le texte : une fausse candeur, un humour un peu grinçant,  un verbe acéré qui n’hésite pas à piquer là où ça fait le plus mal, une posture d’humaniste aussi.

Commentaires

  • J'apprécie vraiment votre blog , je me permet donc de mettre un lien vers le mien , je suis serrurier paris http://serrurierparis-infos.fr/serrurier-a-paris/

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