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L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea – Romain Puertolas

Lextraordinaire-voyage-du-fakir.jpegAprès la lecture du livre de Romain Puertolas, je dois avouer que je reste pantois devant le succès qu’il rencontre et la clémence de la critique à son sujet. Comment peut-on être aussi enthousiaste devant un tel navet ? Ce livre est si affligeant que je ne sais pas par où commencer.
C’est donc l’histoire d’un fakir, escroc à la petite semaine, qui est venu en France pour s’acheter un lit à clous et qui se retrouve coincé dans une armoire Ikea et embarqué malgré lui sur le chemin des migrants clandestins, en Angleterre, en Espagne, jusqu’en Lybie. Au cours de ce périple, il ne cesse de découvrir le destin de ces courageux qui ont pris une route de malheur, semée d’embûches, en direction d’un eldorado bien incertain.
Un bien beau sujet donc et dans l’air du temps mais qui souffre malheureusement d’un traitement qui n’est pas du tout à la hauteur. Le livre de Romain Puertolas ne laisse aucune place à la complexité de ce thème et a l’épaisseur d’un reportage de quelques minutes de n’importe quel journal télévisé. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il se contente de naviguer allègrement d’un cliché à l’autre, de nous ensevelir sous un excès de pathos et de bons sentiments dégoulinants.
Le fait que l’auteur se place sous le signe de la fable ou de la farce n’est pas une excuse pour cette morale indigeste. Cela ne justifie pas non plus les nombreuses approximations dans cette histoire. Impossible d’en accepter les péripéties, tant les aventures du fakir sont vraiment grotesques. Les ficelles narratives sont trop grosses, quand elles ne sont pas attendues, pour que fonctionne la magie nécessaire à cette fable. On ne peut que s’ébahir devant tant, de niaiserie et de maladresse dans la construction et l’enchaînement des aventures, de vide dans la psychologie de personnages…inexistants (cette histoire d’amour entre le fakir et la française n’est juste pas possible, affligeante).
On pourrait croire que l’ensemble peut-être divertissant, sauvé par un humour de chaque instant si on s’en tient à l’édifiante quatrième de couverture, mais il n’en est rien. Quelle tristesse de lire des jeux de mots aussi pathétiques que ceux autour de la prononciation du nom du fakir. Et encore, je ne m’abaisserai pas à relever tous les autres tous aussi indigents, puérils les uns que les autres ou encore les références à la culture populaire mondialisée qui se veulent subtiles, à même de créer une connivence avec le lecteur, mais qui ne sont que ridicules. Toute cette loufoquerie, cette originalité que l’auteur s’acharne à déployer à quasiment chaque paragraphe sonne faux, en toc, car excessive, maladroite, pas aidée par l’écriture et le style.
Que dire en effet d’une langue aussi pauvre que celle-ci ? Signaler peut-être un vocabulaire extrêmement limité, souligner les insuffisances de l’expression, revenir sur les métaphores ridicules ou sur les facilités stylistiques. Je n’ai rien contre les auteurs qui prennent des libertés avec la langue mais lorsqu’il s’agit d’une tentative de restitution de l’oralité, de l’objectif de créer une véritable voix ou encore une langue unique. Seulement là, il s’agit juste d’une mauvaise maîtrise de la langue, d’une écriture lourde et paresseuse qui ne peut qu’effondrer un ensemble déjà bien branlant.

Affligeant.

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