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La Vie comme une course de chars à voile – Dominique Douay

la-vie-comme-une-course-de-char-a-voile.jpgDerrière ce drôle de titre se cache un roman de science-fiction aux ressorts multiples et à la profondeur insoupçonnés au départ. Dans un futur indéterminé, de violentes tempêtes balaient les océans et menacent les îles anglo-normandes qui sont protégées par un dôme gigantesque. François Rossac, un excellent pilote de char à voile, y mène une vie plutôt simple et faite de courses et de plaisirs. Cette dernière va pourtant progressivement s’effondrer sans raison apparente. Ce sont d’abord de petites choses pour commencer, des altérations incertaines du monde autour de François Rossac, puis des hallucinations, avant que des pans entiers de son environnement ne soient bouleversés et que la porte ne s’ouvre sur d’autres réalités.

C’est ce lent effritement de la réalité du personnage principal qui fait la force et l’intérêt du livre de Dominique Douay. Ce dernier ne ménage pas son lecteur qui le subit avec le héros. La perte de repères de François Rossac est un vertige qui happe le lecteur et le plonge lui aussi dans le doute : que se passe-t-il en vérité ? Est-ce que François est fou, est-ce qu’il rêve ou est-ce que quelque chose d’étrange arrive vraiment à son univers ? Si oui quoi ? Où se trouve vraiment la réalité au milieu de ces univers qui semblent emmêlés ? Il faut souligner la réussite narrative d’une déconstruction du monde qui jongle avec habileté sur plusieurs niveaux de réalité d’un paragraphe ou d’un chapitre à l’autre sans que le livre ne soit totalement brouillon, même si cela est sans doute moins vrai pour sa dernière partie.

Tout en détissant un univers qui rétrécit à chaque page, Dominique Douay dévoile à l’inverse un combat en cours entre plusieurs forces symboliquement représentées par trois personnages dont François Rossac semble l’enjeu : Sylvie, Panuel et Nicholas. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la religion, de l’économie et de la puissance militaire, à peine déguisées. Trois démons qui semblent les moteurs de la distorsion du réel, emportés dans un combat pour la suprématie sur de leur vision de la réalité. C’est là un des aspects moins convaincants du livre excepté l’apport à la dynamique du suspense sur qui sont ces personnages et sur ce que vit François. La lutte de ces trois forces-personnages est un peu schématique et la possibilité de leur échapper ou celle de les contrôler, de réhabiliter la réalité apparaissent finalement un peu artificielles. Surtout dans un dénouement qui n’est pas si limpide.

De la bonne science-fiction française malgré quelques défauts dont un incipit peu accrocheur.

Captivant et intéressant.  

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