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Nagasaki - Eric Faye

nagasaki-913549.jpgNagasaki est un récit simple et linéaire. Shimura-San, un vieux garçon d’une cinquantaine d’années, un peu maniaque, englué dans un quotidien morne et triste, se rend compte que quelque chose cloche dans son petit pavillon de province dans la ville de Nagasaki. Des objets sont déplacés, de la nourriture disparaît. Rien de bien significatif mais tout de même de quoi le rendre méfiant. Et si quelqu’un s’introduisait chez lui pendant ses heures de travail ? L’installation d’une webcam dévoile un fait improbable : une femme, finalement arrêtée, a vécu pendant une année chez lui sans qu’il ne s’en rende compte.

Inspiré d’un fait divers survenu en 2008 au Japon, ce bref récit d’Eric Faye est bâti sur une histoire assez incroyable qui ne peut qu’interpeller. Eric Faye arrive d’abord à instaurer un certain climat d’étrangeté et un suspens relatif qui nourrissent le mystère autour de la présence de l’intruse. Il se concentre ensuite sur le bouleversement ressenti par Shimura-San : comment accepter le fait d’avoir eu une intruse pendant un an à son domicile ? Comment désormais se sentir chez soi dans sa propre demeure ? Le sentiment de viol que ressent Shimura-San, son malaise, sont assez compréhensibles.

Nagasaki n’en demeure pas moins un récit quelconque. Le décor japonais relève à peine de l’esquisse, cadre qui permet aux personnages de ne pas être complètement évanescents. Le portrait de Shimura-San, axé sur la solitude et la banalité est sans relief. Celui de son intruse, qui pourrait mettre en lumière les phénomènes d’exclusion dans la société japonaise, n’évoque le sujet que de bien loin et préfère de pseudos révélations finales sur son passé qui restent finalement exploitées.

Un livre facile à lire, légèrement troublant, mais plutôt pauvre. Le parti pris de la grande sobriété narrative et stylistique accouche d’une œuvre qui n’arrive pas à dépasser le simple fait divers et s’avère sans impact. Grand prix du roman de l’académie française en 2010 pour ceux que ça intéresse.

Vite lu, vite oublié.

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