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  • L’or – Blaise Cendrars

    L'or.gifL’or, c’est la merveilleuse histoire du général Suter, l’homme qui a été ruiné…par la découverte de l’or sur ses terres. Une incroyable destinée frappée du sceau de l’ironie dont s’est saisi Blaise Cendrars en 1925 pour écrire un récit d’aventures captivant et mordant qui est devenu un classique.

    Originaire de Suisse, Suter s’est enfui de son pays alors qu’il avait à peine la trentaine, abandonnant femme et enfant pour l’Amérique. C’est le début d’une improbable success story qui le mène de toutes sortes de petits boulots à la fortune. C’est lorsqu’il se tourne vers l’ouest américain, en Californie, sur des terres encore sauvages, au cœur de conflits sanguinaires entre les indiens, les mexicains et les aventuriers de toutes sortes, que Suter devient presque l’homme le plus riche du monde. En 1848, il est propriétaire de territoires immenses sur lesquels prospère une véritable industrie agricole qui génère d’énormes revenus.

    Tout cela s’effondre pourtant brutalement à la découverte d’or sur ses terres et à la fameuse ruée vers l’or qui s’ensuit. Le petit empire de Suter périclite alors sous l’assaut des hordes de dizaines de milliers d’aventuriers qui dévastent l’œuvre de sa vie. C’est le début d’une descente aux enfers pour le général Suter qui n’accepta jamais cette catastrophe et qui se lança dans une vaine quête de réparation judiciaire. Une obsession de plus de trente ans qui sabota le reste de son existence, emportant tous ses biens, sa famille retrouvée en cours de route et même sa raison. Triste et abasourdissant.

    Si la biographie du général Suter est en soi déjà assez originale pour fournir la matière d’un récit héroïque, passionnant et riche en rebondissements, il faut reconnaître que Blaise Cendrars la raconte magistralement. L’or est une petite merveille de mécanique littéraire qui s’illustre ainsi par son rythme et son souffle. Tout est dans l’écriture et dans la construction. Les chapitres courts et denses s’enchaînent sans répit dans une atmosphère d’épopée tragique. Blaise Cendrars sait ménager ses effets et accroche ou secoue le lecteur à l’aide de phrases courtes, incisives qui font mouche. La vérité, brutalement, en quelques mots, nue et sèche. L’or est un plaisir de lecture également grâce à ce ton qui oscille entre l’empathie, l’ironie pour mieux illustrer le caractère unique et malheureux de la destinée du général Suter.  

    Petit bijou. A lire.