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  • Une affinité véritable - Saul Bellow

    bellow.jpgUne affinité véritable, est le premier roman de Saul Bellow que je lis. C'est la singulière histoire d'un amour long de quarante ans entre Harry Trellman, fortuné quinquagénaire qui s'est établi à Chicago et Amy Wrustin, son amie d'adolescence qui s'est mariée, a divorcé et est désormais veuve de son meilleur ami, Jay. C'est à l'occasion du déplacement du cadavre de ce dernier à un autre emplacement qu'ils se retrouvent.

    Saul Bellow décrit avec finesse un lien unique de deux personnes entre qui il y a toujours eu quelque chose sans que rien ne se passe vraiment. Maintenant que tout cela semble un peu vain, ils tirent quelque chose de particulier, "une affinité véritable" peut-être, de ce sentiment. Harry Trellman en profite pour dresser à sa façon un bilan de sa vie.

    La légèreté et la verve de Saul Bellow sont réjouissantes dans ce petit livre rythmé. Il offre quelques portraits piquants et des personnages excentriques dont Harry Trellman, un homme détaché, désabusé, lucide sur lui-même, son univers. Il y a beaucoup de moquerie et d'humour dans ce livre qui n'a pas d'ambition excessive.

    S'il fait passer un moment agréable de lecture, une affinité véritable s'évanouit aussi rapidement de la mémoire par manque d'aspérités, de densité et de matière. Comme si Saul Bellow avait seulement voulu s'amuser et avait un peu jeté négligemment cette histoire sur le papier sans creuser véritablement cette affinité véritable, ni même l'univers qui l'entoure. *

    Pas indispensable.

     

  • Truismes - Marie Darrieussecq

    truismes.jpgC'est un livre qui commence plutot bien. Un récit à la première personne assez alerte, accrocheur, celui d'une jeune fille simple et naïve qui travaille dans une parfumerie un peu étrange dans laquelle semblent se passer de drôles d'évènements. Entrainé dans un jeu de sensations, on devine aussi que quelque chose de pas net se passe avec le corps de cette fille, qu'elle est en train de subir une transformation. Impossible de ne pas penser à Grégoire Samsa et à la métamorphose de kafka.

    C'est un signe qui pourrait apparaître positif, mais assez vite, on se rend compte qu'une debauche de sexe est utilisée pour masquer des longueurs et que cette étrange parfumerie est agaçante. S'accrocher à la transformation du personnage, à la tension psychologique qui y est liée, à l'inquiétude pour son emploi et son couple avec honoré ne suffit pas. Force est de reconnaître que tout ca se gâte assez rapidement et dégénère même dans un improbable et imbuvable scénario de série Z.

    Oublié le coté kafkaien, l'aspect transformation est lassant, on rentre dans une mécanique complètement idiote et folle qui fait de cette femme-truie l'égérie involontaire d'un homme politique extrémiste qui arrive au pouvoir et en même temps l'amante d'un loup-garou. Quoi ? Oui rien de moins que ça, à mi parcours, ce livre devient un grand n'importe quoi et encore j'en garde sous la semelle devant ces pages débordantes d'inepties.

    Je m'épargne la description d'une pseudo idylle amoureuse entre les 2 monstres dans un contexte politique apocalyptique que certains audacieux ont pu percevoir comme une dystopie visionnaire avec en filigrane, sorti de nulle part un semblant de revanche sur une histoire familiale traumatisante (tout peut arriver). Il faut vraiment du courage pour avaler cette mélasse lénifiante. Incroyable mais vrai, tout le monde s'est pâmé devant ce navet.

    Nul.

     

  • Tout doit disparaître - Benoît Duteurtre

    tout doit disparaître.jpgLe personnage principal de ce livre est un naïf, un doux rêveur un peu inadapté à notre société contemporaine de communication et de consommation. Si au début il se croit artiste, un être exceptionnel, à part, un musicien, très vite, il déchante et à défaut de réaliser son rêve, essaie de s'en rapprocher en se lançant dans le journalisme musical. C'est peu de dire que la désillusion est totale et que le héros découvre que le réel ça cogne -cf. Lacan.

    Les mésaventures qui arrivent à ce personnage sont souvent drôles et pathétiques - les deux semblent d'ailleurs inséparables chez l’auteur. Il essaie de percer dans le milieu de la presse mais chute inexorablement dans la presse féminine, les faits divers et même dans la presse porno...Le trait d'humour est forcé pour dépeindre au vitriol les réalités, les logiques de ce métier et les personnalités qu'on y rencontre.

    Benoît Duteurtre vise le paraître, la communication qui ont envahi nos existences à différent niveaux. Il est léger en abordant les problèmes du quotidien, les petits riens qui nous ridiculisent, nous rabaissent et nous forcent à nous compromettre. Le ton est désabusé, un peu mélancolique tout en étant agréable. Tout doit disparaître n'est pas de la grande littérature et peut parfois sembler trivial mais c'est un livre distrayant, qui sait se moquer avec détachement de choses que nous prenons nous parfois trop au sérieux, et ce n'est pas grave si au final on l'oublie assez rapidement.