Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Le mal de peau – Monique Ilboudo

    A22650_2.jpgSibila a été violée dans son adolescence par le chef colon de sa province de Tinga, pays africain imaginaire. Tombée enceinte, elle a du s’enfuir de son village pour échapper à l’opprobre et aux châtiments. S’est ensuivie une vie difficile, marquée par le malheur amoureux et le labeur, un combat pour son émancipation. Monique Ilboudo alterne scrupuleusement les chapitres entre la vie de Sibila et celle de sa fille aînée conçue lors de ce viol, Cathy. Nous suivons donc en parallèle cette dernière alors qu’elle débarque à Paris pour ses études universitaires. C’est le début d’une aventure marquée par le malaise existentiel de cette jeune fille métisse dont la trajectoire à Paris la mène d’une histoire amoureuse à une quête des origines.

    C’est peu de dire que j’ai été très déçu par la lecture du mal de peau, et ce à plus d’un titre. Tout d’abord, la problématique du mal de peau dont il est question dans le titre n’est pas très développée dans le livre de Monique Ilboudo. On reste à la surface des choses et l’angoisse, la perte de repères du métis paraissent souvent perdues de vue et peu approfondies tout au long des chapitres. Les connections avec d’autres thèmes qui leur sont liés, l’exil, le racisme ici et là-bas, la double culture, l’assimilation, la quête identitaire, me semblent bien lâches. Et ce n’est pas la recherche du père et des origines, qui pallie ces faiblesses. En effet, Cathy la métisse est hantée par la figure de ce père blanc et colon qui a disparu. Monique Ilboudo se laisse aller à la facilité car, faiblesse du roman, comme par hasard, il se trouve que cette quête du père, diffuse, est conclue un peu miraculeusement à l'aide de ficelles assez grossières.

    Le dénouement, qui est également un peu bâclé et emploie lui aussi des ficelles bien trop visibles, vient en fait clore une œuvre qui se concentre principalement sur une histoire d’amour très convenue et impossible entre cette métisse et un jeune homme issu de l’aristocratie française. J’avoue ne pas avoir été touché par cette histoire et avoir parfois ressenti un peu trop de mélo et de bons sentiments à mon goût. En fait, j’ai trouvé plus intéressant les chapitres consacrés à l’existence de Sibila même si ces derniers n’offraient pas toujours la perspective espérée sur le mal de peau, l’enfance, la trajectoire de Cathy.

    Peut-être attendais-je une œuvre un peu plus forte et puissante sur ce genre de thèmes pour me satisfaire du mal de peau. Peut-être aussi qu’il manque une voix plus affirmée, un souffle pour porter les thèmes du livre. Ce n’est pas vraiment le cas.

    Déçu.