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  • Parlons travail – Philip Roth

    Parlons-travail.jpgParlons travail est un recueil d’entretiens principalement réalisés durant les années 80 par Philip Roth avec des écrivains qu’il apprécie. Parus dans diverses revues, ils sont aujourd’hui rassemblés dans ce livre qui ne s’adresse pas forcément aux novices. S’il peut en effet vraiment donner envie de lire et de découvrir les auteurs en question, il est tout de même appréciable d’avoir lu quelques-uns de leurs livres ou d’avoir une idée de leur œuvre pour mieux apprécier la conversation menée par Philippe Roth.

    A ce propos, il est dommage de constater la modeste longueur de la plupart de ces entretiens – et conséquence : l’angle unique souvent choisi pour aborder les oeuvres. Un sentiment de frustration est ainsi difficilement séparable de l’intérêt de ces conversations pourtant denses et captivantes sur la judéïté, l'expérience des camps, de l'autre côté du rideau de fer ou de l'exil, de tous ces éléments extérieurs qui influencent la conception des oeuvres. 

    Il faut considérer Parlons travail comme une agréable et riche conversation littéraire ou comme une première approche critique de l’œuvre des auteurs choisis par l’écrivain américain. Pas plus. A noter que pour chacune de ces conversations, Philip Roth résume plus ou moins brièvement le contexte de la rencontre avant de retranscrire les entretiens. A ces entretiens s’ajoutent un portrait de Bernard Malamud, des relectures de Saul Bellow et un échange épistolaire avec Mary Mc Carthy. Pour le détail :

    Primo Levi : conversation sur Si c’est un homme et la trêve (œuvres que j’ai lues) et l’expérience concentrationnaire. L’originalité est surtout du côté du regard sur la vie de dirigeant d’une fabrique de peinture que Primo Levi a mené de concert avec celle d’écrivain après Auschwitz et les implications sur son œuvre.

    Aharon Applefeld : je suis moins enthousiaste que Philip Roth sur Badenheim 1939 qui me semble en deçà de ce qu’il ambitionne. Je suis aussi sceptique vis-à-vis de L’immortel Bartfuss. La conversation est néanmoins passionnante parce que l’œuvre de l’écrivain israélien est un écho d’une vie marquée par des expériences incroyables dont celle qui inspire le mémorable Tsili.

    Ivan Klima : je ne connaissais pas vraiment cet écrivain tchèque, mais sa rencontre avec Philip Roth accouche d’une conversation stimulante sur la création artistique et le joug communiste. On a envie de lire amours et ordures.

    Edna O’brien : je ne connais cette grande dame de la littérature irlandaise que de loin, mais cet entretien avec Philip Roth est assez riche et fort pour éveiller un réel intérêt pour son oeuvre.

    Milan Kundera : entretien malheureusement trop bref avec le maître tchèque qui arrive néanmoins à aborder sa conception du roman, à mettre en lumière ses thèmes favoris et à confirmer l’acuité de son regard sur la modernité.

    Mary Mc Carthy : l’échange de lettres sur sa lecture de La contrevie de Philip Roth est du genre…dispensable.

    Bernard Malamud : le portrait que fait Philip Roth de Bernard Malamud est réellement touchant et dur. Il aborde leur première rencontre, leur amitié, leur éloignement et la fin de vie de Bernard Malamud. Il décrit une œuvre en opposition à l’homme qu’il a découvert.

    Philip Guston : Rien de bien marquant dans ce que rapporte Philip Roth de sa rencontre et sa familiarité avec Philip Guston. Pas vraiment de regard sur l’oeuvre du peintre non plus. Anecdotique. Ca a eu le mérite – ou pas – de me faire découvrir Guston.

    Saul Bellow : Les relectures de Saul Bellow par Roth m’ont plutôt ennuyé. Mes lectures de Saul Bellow (Ravelstein, Une affinité véritable et le faiseur de pluie) ne m’ont pour l’instant pas convaincu. Ca n’aide pas.

    Des choses à piocher donc dans ce Parlons travail, pas immémorable, mais loin d'être désagréable.