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Littérature Allemande - Page 4

  • Quel bonheur ! - Gila Lustiger

    quel bonheur.jpgC'est le portrait terrible d'une femme au foyer de la classe bourgeoise, que l'ennui ronge jusqu'à la crise de nerfs, à l'inevitable explosion. Elle a tout pour être heureuse, cette privilégiée: une femme de ménage qui la dispense de travail domestique, un mari qui subvient à tous ses besoins matériels, qui ne rechigne pas à jouer aux amoureux, une petite fille un peu gâtée, censée la combler avec l'amour maternel et la nécessaire activité d'éducation. Quel bonheur n est ce pas ?

    Sauf que A. est quelque part prisonnière de ce cadre doré qui lui est mortifère. Elle essaie de calmer par le shopping, la critique de la femme de menage, le regime, l'écriture, etc ses pulsions violentes générées par l'ennui. Rien n'y fait. Elle va glisser subrepticement vers des abîmes et même l'adultère n'y changera rien. Il y a un vide, une superficialité chez cette femme qui risque de l'engloutir chaque fois qu'elle se laisse aller à l'introspection. Et ce ne sont pas les préjugés, le mépris, la fausse intelligence qui vont la sauver.

    Gila lustiger est cruelle avec ce personnage, elle critique avec violence un modèle bourgeois proche de la caricature, obsédé par l'argent, l'apparence, grignoté par le néant et le ridicule. Tous les personnages qui gravitent autour d'A, du mari, affreux capitaliste conservateur à l'enfant gâté en passant par les parents très traditionnels subissent le trait moqueur et et rageur de Gila Lustiger. Elle en veut visiblement à ce modèle qui a fait l'Allemagne moderne, qui a determiné ces couples qu'elle fustige dans ce livre, avec un certain succès parce qu'on a une véritable aversion et de la pitié pour les personnages, pour A.

    La forme des chapitres, courts, permet de tasser un sentiment de longueur même si parfois on ne peut s'empecher d'être gagné par la vacuité du personnage - qui contamine le roman - et de se demander si cela meritait tant de temps et de talent. Surtout que le personnage de A, peu original, a déja été traité un certain nombre de fois sous ce même angle. Notons aussi que cet archétype sur lequel gila lustiger tape n'est plus le modèle dominant ou en tout cas est menacé de declin. En conclusion, que de férocité pour décrire une femme finalement perdue dans un modèle dont la prédominance et la pertinence sont remises en question à notre époque. Moyen.

  • L’honneur perdu de Katharina Blum - Heinrich Böll

    blum.jpgKatharina Blum, femme de ménage discrète, honnête et droite, appréciée dans les milieux bourgeois se rend au commissariat de police et avoue le meurtre de Tötges un journaliste. Quelle mécanique infernale a pu mener cette fille solitaire à ce crime ? Böll remonte le fil de l’histoire. C’est le coup de foudre de Katharina pour Götten, un criminel, après une seule soirée qui est le point de départ de cette tragédie. En l’aidant à fuir le lendemain de leur rencontre, elle ne sait pas dans quel engrenage elle met le doigt. Elle va être la proie des journaux à sensations qui vont lui gâcher la vie et la conduire à l’impensable. C’est une charge féroce de l’auteur allemand contre cette forme de journalisme extrême et sans scrupules, sans déontologie. Il dénonce à travers les affres subies par son héroïne, les mensonges, les méthodes peu scrupuleuses, les faux témoignages, les détournements de propos et surtout le cannibalisme impudique de cette presse. Malheureusement, Böll a voulu donner à son récit une forme d’objectivité et d’originalité en le livrant comme un rapport impersonnel et distancié des évènements. Le récit pâtit de ce choix. Il faut donc faire avec une certaine lourdeur, une relative désincarnation du récit, un peu moins percutant, plaisant qu’il n’aurait pu l’être.

  • L’ami retrouvé - Fred Uhlmann

    ami retrouvé.jpgC’est une histoire d’amitié touchante entre deux lycéens à l’orée des temps sombres de l’Allemagne. L’un est juif, l’autre seulement allemand. Une distinction qu’ils vont ignorer jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Alors l’histoire va les séparer. Mais avant, l’antisémitisme, la folie brune auront eu le temps de se mêler à leur amitié. Le récit est sobre, et l’histoire d’amitié d’abord très (trop ?) classique. Il faut seulement attendre la seconde partie du récit pour que les choses se gâtent. Cette structure très (trop ?) simple a le mérite d’être efficace dans sa dénonciation du nazisme. Le texte plafonne avec son dénouement qui est une véritable leçon de courage. C’est une lecture surtout très bénéfique aux plus jeunes. Elle manque peut-être pour les autres d’un peu de complexité ainsi que d’un petit plus difficile à définir. Peut-être simplement que les livres - de qualité - concernant cette période sont nombreux..