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Nouvelles - Page 4

  • Insomnies - John Cheever

    2253933597.jpgComment ne pas penser à Raymond Carver en lisant les nouvelles de Cheever ? Cheever dessine lui aussi à travers ces histoires une Amérique triste et en difficulté. Son cadre d’action pour appréhender cette réalité acide est aussi bien le couple et ses difficultés, l’argent, toujours l’argent, l’alcool, l’ennui, la morosité, une grande solitude, la classe moyenne. Cheever manie bien la subtilité et arrive à créer quelque chose d’intense, surtout dans quelques bijoux comme Le 17h48 ; La soupière d’or ou encore L’énorme radio. D’autres sont malheureusement moins remarquables et rendent le tout inégal.

  • Drôle de temps - Benoît Duteurtre

    drôle,quotidien,légèretéIl y a un certain savoir-faire dans ces nouvelles qui jouent avec le comique, parfois avec le fantastique pour nous conduire habilement vers la nostalgie, l’amertume, la mélancolie de personnages banals mais attachants. Le désabusement perceptible dans la narration et le style sont plaisants pour la dénonciation de ces petits changements ridicules dans notre quotidien qui nous bouleversent néanmoins.

    Benoît Duteurtre sait comment être léger sans pour autant être insignifiant même si ce recueil de nouvelles est loin d’être inoubliable. Il a la faculté de savoir parler de petites choses qui comptent et qui disent de petites choses intéressantes sur notre époque. Ce recueil est dominé par une figure du loser un peu à côté de son époque ou de l’aventure qu’il vit.  

     Il y a des réussites amusantes et plutôt drôles comme La sortie de classe (sur les écrivains), Portrait, Comme au ciné, et l’incontournable nouvelle sur la campagne (ou l'échec du citadin réfugié en campagne). En général des scènes de vie (titre éponyme de certaines nouvelles) bien senties, racontées avec sensibilité et riches de sensations saisies au vol. Il y en a quelques-unes moins convaincantes comme la nouvelle sur les toilettes publiques JC Decaux.

    Léger et agréable mais de là à avoir une préface de Milan Kundera ?

    Petit plaisir, vite oublié.

  • Dernières nouvelles du bourbier - Alexandre Ikonnikov

    ikonnikov.jpgLa nouvelle est un art tellement difficile que je ne peux modérer mon enthousiasme devant ce recueil. Alexandre Ikonnikov a réussi à éviter les écueils de ces récits courts. Les siens sont drôles, vivants et bénéficient – fait appréciable – de chutes réussies. En plus du plaisir de lecture et d’un savoir faire manifeste, le livre a une profondeur mélancolique, ironique et drôle à la fois.

    C’est un portrait sans concession de la Russie moderne. Chaque nouvelle est une prise de conscience de ses démons présents, passés et de son état de délabrement au tournant des années 2000. Cette grande étendue croule sous la vodka, le passé, la tristesse…La drôlerie amère d'Alexandre Ikonnikov la restitue avec un talent considérable.

    Irrésistible.