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Nouvelles - Page 5

  • Drôle de temps - Benoît Duteurtre

    drôle,quotidien,légèretéIl y a un certain savoir-faire dans ces nouvelles qui jouent avec le comique, parfois avec le fantastique pour nous conduire habilement vers la nostalgie, l’amertume, la mélancolie de personnages banals mais attachants. Le désabusement perceptible dans la narration et le style sont plaisants pour la dénonciation de ces petits changements ridicules dans notre quotidien qui nous bouleversent néanmoins.

    Benoît Duteurtre sait comment être léger sans pour autant être insignifiant même si ce recueil de nouvelles est loin d’être inoubliable. Il a la faculté de savoir parler de petites choses qui comptent et qui disent de petites choses intéressantes sur notre époque. Ce recueil est dominé par une figure du loser un peu à côté de son époque ou de l’aventure qu’il vit.  

     Il y a des réussites amusantes et plutôt drôles comme La sortie de classe (sur les écrivains), Portrait, Comme au ciné, et l’incontournable nouvelle sur la campagne (ou l'échec du citadin réfugié en campagne). En général des scènes de vie (titre éponyme de certaines nouvelles) bien senties, racontées avec sensibilité et riches de sensations saisies au vol. Il y en a quelques-unes moins convaincantes comme la nouvelle sur les toilettes publiques JC Decaux.

    Léger et agréable mais de là à avoir une préface de Milan Kundera ?

    Petit plaisir, vite oublié.

  • Dernières nouvelles du bourbier - Alexandre Ikonnikov

    ikonnikov.jpgLa nouvelle est un art tellement difficile que je ne peux modérer mon enthousiasme devant ce recueil. Alexandre Ikonnikov a réussi à éviter les écueils de ces récits courts. Les siens sont drôles, vivants et bénéficient – fait appréciable – de chutes réussies. En plus du plaisir de lecture et d’un savoir faire manifeste, le livre a une profondeur mélancolique, ironique et drôle à la fois.

    C’est un portrait sans concession de la Russie moderne. Chaque nouvelle est une prise de conscience de ses démons présents, passés et de son état de délabrement au tournant des années 2000. Cette grande étendue croule sous la vodka, le passé, la tristesse…La drôlerie amère d'Alexandre Ikonnikov la restitue avec un talent considérable.

    Irrésistible.

  • Contes de la folie ordinaire - Charles Bukowski

    cdlfo.jpgCe qu’il y a d’incroyable et de fascinant dans les livres de Bukowski, c’est ce détachement total par rapport à ce qu’est la vie moderne et la morne réalité de l'individu lambda. Charles Bukowski est passé à un moment de l’autre côté de la ligne qui semble définir la limite de la classe moyenne et de sa morale. Le point de non retour. 

    Il est devenu un clochard, un marginal, un de ces êtres qui effraient le badaud lorsqu’il le croise dans la rue ou dans tout autre endroit que dans un livre. Il vit dans un autre monde. Pour lui, il n’y a pas de réalité hors de l’alcool, du sexe, de la violence et pourquoi pas d'un peu d’écriture. C’est sa façon à lui, moqueuse et nihiliste de se foutre du monde et des hommes depuis là-bas, son QG dans la fange. Il jette à la face de tout un chacun, son langage ordurier, son univers glauque, ses histoires démentes et proclame indirectement la faillite du monde contemporain et en dénonce les illusions.

    Il y a parfois une poésie âpre et acide qui se dégage de ce livre, une sensation de dévastation intérieure totale due à une puissance déchue, broyée. Sacré personnage, pense t-on, même si finalement, cette répétition brute et pas toujours maîtrisée de sexe, de violence et de merde peut lasser dans la mesure où Bukowski est assez répétitif, totalement mégalomaniaque et parfois inconsistant. Il y a par moments un manque de qualités que ne peut totalement compenser cet univers unique. 

    Bukowski...