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Nouvelles - Page 5

  • Contes de la folie ordinaire - Charles Bukowski

    cdlfo.jpgCe qu’il y a d’incroyable et de fascinant dans les livres de Bukowski, c’est ce détachement total par rapport à ce qu’est la vie moderne et la morne réalité de l'individu lambda. Charles Bukowski est passé à un moment de l’autre côté de la ligne qui semble définir la limite de la classe moyenne et de sa morale. Le point de non retour. 

    Il est devenu un clochard, un marginal, un de ces êtres qui effraient le badaud lorsqu’il le croise dans la rue ou dans tout autre endroit que dans un livre. Il vit dans un autre monde. Pour lui, il n’y a pas de réalité hors de l’alcool, du sexe, de la violence et pourquoi pas d'un peu d’écriture. C’est sa façon à lui, moqueuse et nihiliste de se foutre du monde et des hommes depuis là-bas, son QG dans la fange. Il jette à la face de tout un chacun, son langage ordurier, son univers glauque, ses histoires démentes et proclame indirectement la faillite du monde contemporain et en dénonce les illusions.

    Il y a parfois une poésie âpre et acide qui se dégage de ce livre, une sensation de dévastation intérieure totale due à une puissance déchue, broyée. Sacré personnage, pense t-on, même si finalement, cette répétition brute et pas toujours maîtrisée de sexe, de violence et de merde peut lasser dans la mesure où Bukowski est assez répétitif, totalement mégalomaniaque et parfois inconsistant. Il y a par moments un manque de qualités que ne peut totalement compenser cet univers unique. 

    Bukowski...

  • Chanson de la neige silencieuse - Hubert Selby Jr

    a81deae308cc9634e821b30c9b9569ab_01.jpgDéçu par ce recueil de nouvelles d'Hubert Selby Jr. Il est trop inégal, bien souvent trop faible. Peu de nouvelles surnagent et arrivent à susciter de l'intérêt. On ne retrouve que par moments, comme des éclats de pierres précieuses dans la boue, ce qui fait d'Hubert Selby Jr un écrivain unique. Quelquefois, il y a ces phrases, ces passages, ces instants d'une rare violence sentimentale, d'une tristesse douloureuse, d'une détresse insurmontable qui nous rappellent ce qu'Hubert Selby Jr peut faire. Dommage que ce ne soit que des soubresauts qui ne tirent qu'épisodiquement le lecteur d'un ennui général. On est loin de l'excellence des romans d'Hubert Selby Jr.

    Allez plutôt (re) lire le démon, le saule ou Last exit to Brooklyn...

    Bof. Bof. Bof.

  • Au sud de nulle part - Charles Bukowski

    sud.jpgDu sang, de l’alcool, de la merde, du sexe, voilà les ingrédients qui composent l’univers glauque du mythique écrivain américain. L'Amérique de Charles Bukowski a un sale visage raviné par le désespoir et l’abîme. L’errance destructrice est au cœur de son œuvre acide. Il y a dans cette existence au plus profond de la fange qu'il décrit, quelque chose de fascinant qui explique son immense succès.

    Pourtant à regarder de près, il y a beaucoup à redire à la lecture d’au sud de nulle part. Le langage ordurier et pathétique de l’auteur est en conformité avec son univers, donc les critiques ne portent pas tant sur ce vocabulaire et ce style qui peuvent déconcerter les amateurs de prose ciselée, raffinée et attirer les autres. Non, le problème avec Bukowski est sa mégalomanie obsessionnelle très vite lassante, tant elle est omniprésente et répétitive. Il y a bien quelques nouvelles intéressantes – Maja Thurup; Solitude; Les tueurs; Un boulot comme un autre –, une certaine drôlerie et de l'impertinence mais on s’ennuie très vite avec les histoires du vieux Hank qui se ressemblent toutes un peu. Elles finissent par indifférer même si elles sont drôles et créent un personnage à l'aura et à l'expérience uniques, ainsi qu'un univers totalement déjanté et atypique.

    La vie de Bukowski, tout comme son désespoir face à l'existence et son courroux envers la société sont extraordinaires, malheureusement son œuvre romanesque l'est un peu moins. Il faudrait peut-être se l'avouer à un moment ou à un autre...

    Bukowski quoi...