Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Nouvelles - Page 7

  • Au sud de nulle part - Charles Bukowski

    sud.jpgDu sang, de l’alcool, de la merde, du sexe, voilà les ingrédients qui composent l’univers glauque du mythique écrivain américain. L'Amérique de Charles Bukowski a un sale visage raviné par le désespoir et l’abîme. L’errance destructrice est au cœur de son œuvre acide. Il y a dans cette existence au plus profond de la fange qu'il décrit, quelque chose de fascinant qui explique son immense succès.

    Pourtant à regarder de près, il y a beaucoup à redire à la lecture d’au sud de nulle part. Le langage ordurier et pathétique de l’auteur est en conformité avec son univers, donc les critiques ne portent pas tant sur ce vocabulaire et ce style qui peuvent déconcerter les amateurs de prose ciselée, raffinée et attirer les autres. Non, le problème avec Bukowski est sa mégalomanie obsessionnelle très vite lassante, tant elle est omniprésente et répétitive. Il y a bien quelques nouvelles intéressantes – Maja Thurup; Solitude; Les tueurs; Un boulot comme un autre –, une certaine drôlerie et de l'impertinence mais on s’ennuie très vite avec les histoires du vieux Hank qui se ressemblent toutes un peu. Elles finissent par indifférer même si elles sont drôles et créent un personnage à l'aura et à l'expérience uniques, ainsi qu'un univers totalement déjanté et atypique.

    La vie de Bukowski, tout comme son désespoir face à l'existence et son courroux envers la société sont extraordinaires, malheureusement son œuvre romanesque l'est un peu moins. Il faudrait peut-être se l'avouer à un moment ou à un autre...

    Bukowski quoi...

  • Arrêt sur le ponte vecchio - Boris Pahor

    ponte vecchio.jpgLes nouvelles de ce récit portent les blessures intimes de Boris Pahor, grand écrivain slovène. Elles sont liées à son destin, intimement mêlé à celui de la Slovénie et à son histoire. Elles racontent les persécutions dont a été victime la minorité slovène en Italie sous le régime fasciste de Benito Mussolini durant l’entre deux guerres : l’interdiction de parler leur langue, l’incendie de la maison de la culture slovène à Trieste, la torture d’un maître de chant slovène, les humiliations, les intimidations quotidiennes.

    La grande histoire est une toile de fond, un décor difficile dans lequel les nouvelles de Boris Pahor s'insèrent pour malmener à loisir ses protagonistes. Ces nouvelles parlent également de la vie dans les camps de concentration où l’auteur a séjourné - cf. Pèlerin parmi les ombres -, de toutes les épreuves subies. Elles abordent le difficile retour à la vie normale après ce terrible moment, le regard des autres, de la famille, la recherche de l’amour, la libération, ses filles et ses soldats américains. Elles racontent le combat contre le racisme, pour la mémoire de la culture slovène et pour les idéaux qui ont conduit la résistance. Elles abordent aussi des moments plus intimes.

    A chaque fois, il y a un morceau d’enfance, de mélancolie, de solitude et de dignité dans ces nouvelles. Des éclairs de poésie et de vérité illuminent la noirceur de ces aventures contre le monde, contre la folie des hommes et de l’histoire et ses impitoyables sabots. Arrêt sur le ponte vecchio est un excellent recueil de nouvelles qui confronte le lecteur à la difficulté d’être face à l’histoire et à la haine, à la honte d’autrui, dans le contexte historique slovène.

    Bien.