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Littérature Algérienne - Page 2

  • La question - Henry Alleg

    question.jpgUn livre bref qui a été un électrochoc à sa sortie et demeure un témoignage de valeur sur le sujet de la torture en Algerie durant ce qui fut appelé pendant longtemps "les évènements". Henri Alleg, directeur d'un journal anti-colonialiste à Alger voit sa publication interdite. Refusant la fatalité, il se bat et est obligé d'entrer dans la clandestinité. Le livre debute lorsqu'il est pris. Il ne nous épargné rien de ses épreuves sans pour autant s'étendre ou se complaire dans le morbide, le pathétique. Le ton assez distant, montre un certain recul et s'ajoute à une précision dans la concision en ce qui concerne les châtiments imposés par les paras (électricité, coups, noyade, menaces, sevrage, penthotal, etc), leurs attitudes, leurs reflexions.

    Il y a un désir de coller au plus près de ce qui s'est passé et de ce qu'il a subi. On est dans l'extrême justesse. Henri Alleg ne s'écarte pas de son expérience, ne tente pas de trop elargir, de généraliser, de déborder son cas personnel, tout en réussissant a faire passer un message anticolonialiste, antitortionnaire vigoureux. A sa façon. Il a résisté jusqu'au bout, victorieux sur l'horrible machine inhumaine de la torture. Cette attitude intransigeante face au mal, dans des conditions extrêmes force le respect.

  • L'imposture des mots - Yasmina Khadra

    arton1137.jpgC'est le genre de livre difficile à classer, notamment dans l’œuvre d'un romancier. Yasmina Khadra prend la plume pour raconter une période de sa vie. Il prend sa retraite de militaire en Algérie et décide de s'installer en France pour se consacrer à la littérature, maintenant qu'il a tombé le masque. Il est plus facile d'apprécier ce livre quand on est un fan de l'auteur, un connaisseur pas seulement de son œuvre, mais aussi de sa vie.

    Il faut aussi s'intéresser au milieu littéraire ou écrire un peu soi-même. Car dans ce livre, Yasmina Khadra nous parle de sa vocation d'écrivain, de sa difficulté en raison de son ambition mais aussi de son passé. Il est attaqué en raison de son passé de militaire et de ses prises de position en faveur de l'armée algérienne. C'est un auteur en proie au doute devant ses choix de vie, son œuvre en construction. Il affronte ses propres personnages, se débat avec son double, face à la critique et aux coups bas de ce milieu littéraire parisien. Il fait aussi de belles rencontres, essaie d'accompagner sa famille dans une période difficile.

    Je doute vraiment de l'intérêt de cet ouvrage malgré son éclairage sur Yasmina Khadra, cette période décisive pour lui et sa création. Il y a un côté limité pour le lecteur qui ne le connait pas et parfois même simplement un côté gênant. Bien que policé, il ressort du livre un côté mise au point sur la vérité, petits règlements de compte avec le milieu littéraire parisien qui s'ajoute à un portrait trop propre, trop beau de la propre personne de l'écrivain. Ce n'est pas trop mon goût même s'il y a bien sûr des éclair. Cet ouvrage était-il vraiment nécessaire M. Khadra?