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Littérature Argentine - Page 2

  • L’invention de Morel - Adolfo Bioy Casares

    morel.jpgL’invention de Morel est un livre qui repose essentiellement sur une idée, une invention, dont il ne faut rien révéler. S’il est dommage que la quatrième de couverture en dise autant, cette invention est en fait assez aisée à deviner. Condamné dans la société dans laquelle il évoluait, le narrateur est un fugitif qui se réfugie sur une île mystérieuse, apparemment maudite, pour échapper à sa peine. Les notes sur sa survie sur cette île et sa rencontre avec ses drôles d’habitants constituent l’ouvrage.

    Au bout de l’aventure, il y a l’invention de Morel qui ouvre un abîme sous les pieds du lecteur et ouvre la réflexion sur l’immortalité, le sens de l’existence et la responsabilité envers autrui. Tout le livre est tendu vers le dénouement et la découverte de l’invention, il en résulte un intérêt moindre d’une bonne part du livre. La survie du narrateur et le contexte entourant son arrivée sont aussi moins intéressants. Sa découverte des habitants de l’île et le mystère de l’invention sont amenés assez lentement et pas toujours exploités au mieux. Le style et la narration de Bioy Casares ne sont pas à proprement parler à même d’éblouir.

    Alors, il reste cette idée géniale de l’invention de Morel, belle et cruelle, folle. Il reste le dernier quart du livre qui est son essence. Des pages où la solitude du narrateur fugitif éclate, ou la folie rampante – la sienne et aussi celle de Morel – se révèlent, où  l’amour apparaît comme une bouée de sauvetage, mais aussi l’abîme profond du désespoir, et un piège pour ceux qui l’éprouvent. L’intuition d’Adolfo Bioy Casares est pleinement exploitée dans ces dernières pages. La poésie, la profondeur, la mélancolie et le danger que contiennent l’invention de Morel et aussi plus sûrement la solitude, l’amour, le désir d’immortalité.

    Une grande idée qui ne donne pas le chef d’œuvre renversant promis par la préface de José Luis Borges, mais un livre, quelconque par moments, qui se révèle néanmoins intéressant, touchant, surtout dans sa dernière partie. 

  • Le tunnel - Ernesto Sabato

    okletunnel.jpgC’est l’histoire d’un peintre qui a tué son amante et qui explique comment il en est arrivé là. Une histoire d’amour, de passion, pourrait-on penser, je préciserai, j’ajouterai, de jalousie surtout. Car telle est une partie du propos de ce livre et la moins interessante selon moi. L’auteur est trop rapidement attiré par la conclusion de son roman, il ne prend pas assez de temps pour faire ressentir au lecteur le tourment de la jalousie, du coup la dernière partie du livre s’en ressent, surtout au niveau du rythme et de l’intensité portée très haut au début du livre par la passion du personnage principal pour son amante. Je précise néanmoins la qualité de ce livre que j'ai apprécié, notamment en raison du personnage principal, le peintre. Il a décidé de tout dire honnêtement, ce qui nos vaut un ton direct, franc et des pensées, des réflexions sans concesssions sur l’art, le monde, les comportements, une lucidite amere, effrayante qui va au coeur des choses et des etres. Il y a aussi cette femme mystérieuse, cette amante libre et liée d’étrange façon à son mari et à son cousin. Elle reste un mystère jusqu’au bout. A lire donc pour les personnages et pour ces réflexions pertinentes qui jaillisent comme des éclairs. Un livre avec des vrais phrases d'écrivain dedans, un vrai regard sur l'homme, le monde.