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Littérature Canadienne - Page 3

  • Pilgrim - Timothy Findley

    Pilgrim.jpgPilgrim est loin du chef d’œuvre qu’il a visiblement l’ambition d’être. Pilgrim, personnage étrange et mystique prétend être éternel. Il aurait eu une multitude de vies durant lesquelles, il aurait croisé De Vinci, Oscar Wilde, Thérèse d’Avila entre autres. Ses expériences consignées dans des carnets, ainsi que sa très mystérieuse accompagnatrice Lady Quatermaine plongent le scientifique et rationnel Carl Jung dans un doute profond. Le psychiatre en charge de Pilgrim ne sait comment réagir devant ce cas étrange de folie.

    Ce livre aurait du être palpitant, et ne le devient malheureusement qu’à la fin. L’emballement des dernières pages ne suffit pas à rendre ce pavé excitant. A vrai dire, le mystère Pilgrim, très bien introduit, est très mal géré, vite embourbé. L'auteur n’arrive que sporadiquement à accrocher le lecteur. Le suspens n’est pas au rendez-vous et de nombreux passages traînent en longueur sans rien apporter que de l’ennui. Les effets escomptés font rarement mouche sauf dans les dernières pages. Les digressions sont nombreuses et le cas Pilgrim est parfois lointain, noyé dans du bavardage. Comme si Timothy Findley avait été dépassé par son sujet. Le jeu entre folie, réalité, imagination, vérité au sujet de l'immortalité ne bénéficie pas du meilleur des traitements.

    Certes, l’auteur convoque un peu d’histoire, des personnages célèbres, mais tout ça sent un peu l’artifice. Insuffisant pour donner vraiment du mystère et de l’épaisseur à ce qui aurait pu être une légende captivante.

    Long et raté malgré quelques personnages intéressants et de la culture à revendre.

  • Le vaisseau des voyageurs - Robert Charles Wilson

    le-vaisseau.jpgUn bon matin, un énorme vaisseau apparaît en orbite au-dessus de la terre : les extra-terrestres. Que veulent-ils, les humains ne le sauront qu’un an plus tard après la grande nuit du rêve. Tous endormis, ils ont reçu la proposition des visiteurs : l’immortalité. Une personne sur dix mille refuse. Le  récit sera centré sur les habitants de la petite ville de Buchanan qui refusent. Pourquoi refuser une telle proposition, ce rêve que poursuit l’humanité depuis si longtemps ? Les raisons sont multiples et se dévoilent progressivement pour approfondir la réflexion sur l’immortalité et la condition humaine. Chaque personnage a refusé pour des raisons intimes qui éclairent une parcelle du visage de l’humanité. Est-il possible d’accepter cette proposition et de rester humain ?

    Le cœur du livre de Robert Charles Wilson réside dans cette problématique plus que dans les visiteurs mêmes dont on ne saura finalement pas grand-chose. Robert Charles Wilson n’est pas un écrivain de science-fiction, c’est un écrivain tout court. Il nous fait suivre les périples de la petite bande de Buchanan, qui tente de survivre à cette sorte de fin du monde et de l’humanité, qui s’organise pour comprendre et avancer comme possible dans un monde nouveau, en révolution et assez dangereux. Au fil du récit et des aventures, chaque personnage s’épaissit, se densifie, acquiert beaucoup de matière, ouvre un puits riche  de réflexions, de souvenirs, d’interrogations, de doutes qui le rend quasiment réel, vivant.

    La réussite de Robert Charles Wilson, ce sont ces personnages fouillés, tellement humains et vrais. Ce sont eux qui donnent corps aux aventures et aux interrogations qu’elles suscitent. Le livre n’est pas parfait, un peu long peut-être, pas forcément surprenant dans son approche des thèmes ni dans l’innovation dans le domaine de la science fiction, mais il est quand même réussi, bien huilé. Sur un rythme progressif, dans une structure narrative classique, des histoires très riches qui surviennent dans un contexte extraordinaire et qui disent et révèlent simplement des humains et surtout un humanisme profond. J’ai personnellement  préféré cet ouvrage aux chronolithes certes plus original, plus ambitieux dans le propos et dans la science-fiction, dans le rythme mais aussi moins abouti, plus brouillon, moins fouillé dans les personnages.  

    Bon moment de lecture.

  • Calculating God - Richard Sawyer

    calculating-god-pb.jpgCe livre est une déception. Pourtant, il est riche en pistes de réflexions qui mériteraient meilleurs développements ou alors des approches différentes, plus pertinentes. Un extra-terrestre débarque sur terre et contacte le paléontologue Tomas Jéricho. Tout l'intérêt de cette visite réside essentiellement dans le fait que cet E.T est un scientifique d'une civilisation plus évoluée et certaine de l'existence de Dieu.

    Tout au long du livre, il débat avec Jéricho et lui instille un doute d'autant plus puissant que Jéricho est condamné par un cancer du poumon. En fait, la partie la plus intéressante du livre concerne le combat de Jéricho face à la mort, à ses proches et à ses certitudes. Thomas Jéricho est un homme qui ne peut plus échapper aux interrogations existentielles fondamentales: Dieu ? La moralité ? etc. Un livre qui est bon lorsque l'on n'est pas vraiment dans la science-fiction donc...Sinon les extra-terrestres et tout ce qui va avec ne sont pas les ressorts qu'ils pourraient être aussi bien pour l'histoire que pour les réflexions du personnage principal. L'impression qui domine à ce sujet est celle du faux, du toc jusque dans leurs arguments sur Dieu, leur civilisation, leur mise en scène en général.

    Richard Sawyer essaie d'éviter les clichés et d'illustrer ses propos et arguments de manière originale, mais il trébuche souvent et fait quand même du Hollywood de bas de gamme sur de nombreux points dont le dénouement. Il est dommage que ce qui doit être le cœur du livre, le débat autour de Dieu notamment, se trouve noyé dans des aventures, des descriptions, des digressions qui n'apportent pas grand-chose et ne convainquent pas. La déception tient aussi au fait que trop de questions liées aux thématiques développées restent égarées ou absentes dans ce livre même si l'objectif n'est pas une somme théologique. L'intérêt suscité par Calculating God n'est que trop intermittent.

    Très, très faible par rapport à ce qu'il laisse entrevoir.