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Littérature Hongroise - Page 2

  • Le testament espagnol - Arthur Koestler

    test esp.jpgArthur Koestler se rend en Espagne durant la guerre civile. La république est assiégée, étouffée par la progression des forces nationalistes de Franco soutenues par l’Italie et l’Allemagne. Le journaliste anglais d’origine hongroise dresse un portrait saisissant et pathétique de la résistance républicaine, de ce pays déchiré. Il raconte aussi la prise de Malaga, la fuite des milliers de gens, les massacres, l’horreur de cette guerre avec un réalisme prenant. Nul besoin de pathos, d’excès, Arthur Koestler est juste et fait mouche à chaque phrase.

    Seulement voilà, sa témérité va lui jouer un sale tour puisqu’il est captivé à Malaga et emprisonné, puis condamné à mort pour sympathie communiste et pour quelque règlement de compte avec un général franquiste. Commence alors un autre livre, sur l’emprisonnement. Arthur Koestler passe trois mois dans une geôle à Séville et arrive à en tirer l’essence de l'emprisonnement. Son obsession, sa tentation de la vérité, dénude le face à face de l’homme isolé avec lui-même, l’attente, la peur au ventre, parce que la fusillade n’est pas loin.

    Là encore, la lucidité, le sens de l’observation et la pertinence de la réflexion de Koestler font de cet ouvrage un chef d’œuvre. Koestler est un auteur incontournable du vingtième siècle parce qu’il a eu une prise directe avec les principaux évènements terribles, qu’ils les a digérés et que surtout il les a rendus avec un talent qui mérite hommage.

  • La lie de la terre - Arthur Koestler

    la lie de la terre.jpgJe suis un inconditionnel d’Arthur Koestler, admiratif devant cette œuvre empreinte des turbulences du vingtième siècle. Chacun de ses livres est un combat contre les démons idéologiques et les souffrances physiques et mentales qu’ils ont imposé à la quasi-totalité de la planète. A chaque fois, je suis bluffé par l’intelligence du récit, la profondeur de l’analyse psychologique, et la justesse des réflexions, le tout enveloppé dans une écriture sobre et subtile non dénuée d’humour et de dignité malgré l’apreté du propos.

    Il s’agit ici d’un fait de la seconde guerre mondiale relativement passé sous silence. Durant le conflit, certains étrangers de France – la même chose s’est produite dans plusieurs pays – jugés plus ou moins suspects, ont subi diverses exactions et persécutions qui ont fait d’eux la lie de la terre. Arthur Koestler raconte donc une année de son existence, symbolique de ce qu’ont vécu ces indésirables, qui pour la plupart étaient des opposants aux fascismes européens. Arrêté dès la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, il va connaître toutes sortes de péripéties qui vont le mener au camp du Vernet, camp de concentration et de travail à la Française. Mais le livre dépasse cette expérience pour raconter aussi l’attente de la guerre, les tracasseries administratives, la déliquescence de la France et de son armée, l’exode après la défaite, l’armistice, la désertion et l’errance des soldats notamment en attendant la démobilisation, les tentatives de fuite vers l’étranger, plus particulièrement les Etats-Unis et l’Angleterre.

    Impossible de synthétiser cette mine d’informations, d’expériences, d’existences. Il suffit seulement de parler de photographie unique de cette période, selon l’angle d’un pestiféré. C’est fort, intelligent et parfois simplement touchant ou magnifique – les pages sur Mario. Je pourrais être intarissable sur ce livre mais je me contenterai d’un seul mot : indispensable.

  • Hier - Agota Kristof

    hier.jpgC’est un roman qui me laisse une impression mitigée. Il m’est impossible de dire que je l’ai aimé ou qu’il m’a convaincu. Les passages oniriques m’ont plutôt laissé de marbre et j’ai eu du mal à croire aux coïncidences et à certains rebondissements. Souvent, je me suis dit qu’on ne faisait que passer à côté, frôler des choses essentielles. Il y a une désagréable sensation de manque de profondeur. Et pourtant, ce livre a quand même quelque chose, peut-être le ton  résigné, abattu de l’auteur, une tristesse que l’on sent infinie. Les personnages sont frappés par l’exil et traînent ainsi une fracture interne dont la douleur est palpable. Peut-être que les autres œuvres de l’auteur en livrent plus et de meilleure manière ?