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Littérature Tchèque - Page 7

  • Europeana - Patrick Ourednik

    europeana.jpgVoici le vingtième siècle revisité en désordre, sur un ton neutre, avec une narration très proche de celle d’un enfant, dans les répétitions, les enchaînements, la construction. Il en résulte un effet comique singulier qui accable la grande histoire avec sa succession d'évènements tragiques et ses différents mouvements d’idées, ses grilles d’interprétation du monde. A quelles horreurs tout cela n’a t-il pas mené sous couvert de logique ?

    La vie de ce siècle  remue dans ce court texte avec toutes ses contradictions, ses erreurs. Elle apparaît absurde, dénuée de sens, malmenée par cette écriture et cette structure originales. C’est une attaque réussie contre le sens de l’histoire et ce siècle. Un combat de l'absurde par l'absurde. On sourit amèrement à chaque ligne de toutes ces illusions, de toutes ces âneries qui nous ensorcellent et nous conduisent à des tragédies sans noms sous couvert d'ambitions légitimes, de grandes idées. Mais très vite on se reprend : l’histoire c’est sérieux et surtout mortel!

  • Une trop bruyante solitude - Bohumir Hrabal

    une trop bruyante solitude.jpgC’est un livre sur un vieil homme dont la vie tourne autour de sa vieille presse qui lui sert à pilonner du papier. Ce qui ne pourrait être qu’un sordide emploi est toute sa raison de vivre, car il ne fait pas que broyer du papier pour en ressortir des ballots, c’est un artisan de la presse, un travailleur du papier qui choisit ses ouvrages pour donner valeur et sens à chaque balle. C'est dire!

    C’est par la figure originale de ce vieillard à la tâche insensée, ce Sisyphe, que Bohumil Hrabal aborde l’amour, la passion des livres, du savoir. Il exalte des chefs d’œuvre et dresse une ode à la littérature. Son vieillard solitaire est un héros anti moderne qu’il dresse contre une société communiste qui écrase l’Art. Ce dernier essaie d’une façon absurde et un peu ridicule de sauver les livres et leurs messages dans une solitude effrayante et pathétique. Il se dresse contre la modernité qui essaie de l’écraser ou de l’enrôler, contre l’histoire qui essaie de le broyer, de le prendre dans sa roue infernale. Nazisme, communisme, productivisme moderne, uniformisation, Histoire, la critique est fine et voilée derrière les obsessions et les histoires un peu dingues de ce vieillard solitaire qui représente aussi un monde qui ploie et qui meurt.

    Les amateurs de style ne seront pas déçus non plus avec une gouaille, une voix, un rythme qui font exister le vieil héros et donnent vitalité et puissance à l’inventivité offerte par chacun de ses souvenirs, chacune de ses péripéties.

    Bien.