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Littérature Anglaise - Page 13

  • La lie de la terre - Arthur Koestler

    la lie de la terre.jpgJe suis un inconditionnel d’Arthur Koestler, admiratif devant cette œuvre empreinte des turbulences du vingtième siècle. Chacun de ses livres est un combat contre les démons idéologiques et les souffrances physiques et mentales qu’ils ont imposé à la quasi-totalité de la planète. A chaque fois, je suis bluffé par l’intelligence du récit, la profondeur de l’analyse psychologique, et la justesse des réflexions, le tout enveloppé dans une écriture sobre et subtile non dénuée d’humour et de dignité malgré l’apreté du propos.

    Il s’agit ici d’un fait de la seconde guerre mondiale relativement passé sous silence. Durant le conflit, certains étrangers de France – la même chose s’est produite dans plusieurs pays – jugés plus ou moins suspects, ont subi diverses exactions et persécutions qui ont fait d’eux la lie de la terre. Arthur Koestler raconte donc une année de son existence, symbolique de ce qu’ont vécu ces indésirables, qui pour la plupart étaient des opposants aux fascismes européens. Arrêté dès la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, il va connaître toutes sortes de péripéties qui vont le mener au camp du Vernet, camp de concentration et de travail à la Française. Mais le livre dépasse cette expérience pour raconter aussi l’attente de la guerre, les tracasseries administratives, la déliquescence de la France et de son armée, l’exode après la défaite, l’armistice, la désertion et l’errance des soldats notamment en attendant la démobilisation, les tentatives de fuite vers l’étranger, plus particulièrement les Etats-Unis et l’Angleterre.

    Impossible de synthétiser cette mine d’informations, d’expériences, d’existences. Il suffit seulement de parler de photographie unique de cette période, selon l’angle d’un pestiféré. C’est fort, intelligent et parfois simplement touchant ou magnifique – les pages sur Mario. Je pourrais être intarissable sur ce livre mais je me contenterai d’un seul mot : indispensable.

  • La ferme des animaux - George Orwell

    FermeAnimaux.jpgCe livre est un conte philosophique brillant et puissant traversé par un humour grinçant et une ironie décapante. C’est un Orwell au meilleur de sa forme qui s’empare des animaux pour attaquer l’homme. La ferme du manoir est le théâtre d’une révolution unique. Selon la prophétie de Sage l’ancien, un cochon, les animaux se révoltent, chassent le propriétaire et s’organisent pour appliquer l’Animalisme, la doctrine pour un monde animalier libre, meilleur, loin des travers humains. Progressivement se dessine une caricature grotesque des mouvements révolutionnaires du vingtième siècle et de leurs perversions, de leurs vices. Comment ne pas reconnaître l’expérience communiste soviétique déjà présente dans 1984 ? Tout y est, de la montée du parti aux procès truqués avec aveux publics en passant par la réécriture du passé etc. C’est d’un burlesque irrésistible et instructif. « Tous les animaux naissent égaux, mais certains le sont plus que d’autres ». A méditer.

  • Dans la dèche à Paris et à Londres - George Orwell

    a paris et à londres.jpgLorsque l'on évoque George Orwell, on pense souvent à 1984 et à La ferme des animaux, des chefs d’œuvre qui font de l'ombre au reste de son œuvre. Or il faut au moins découvrir ce trésor qu'est dans la dèche à Paris et à Londres. Situé durant l'entre deux guerres, le livre est une plongée dans le monde de la pauvreté et du vagabondage dans ces deux grandes capitales européennes.

    Georges Orwell décrit un univers inouï de pauvreté et s'enfonce dans les méandres de la fange. Le récit, très vivant, de cette longue aventure entraîne une prise de conscience profonde de la misère, de sa vraie nature, de ses formes différentes et ses conséquences. Le livre n'a pas pris une ride - ce qui n'aurait rien changé à sa valeur en tant que témoignage des conditions difficiles du peuple des vagabonds durant cette période de l'histoire, la première moitié du XXième siècle - parce que George Orwell dépasse sa propre expérience pour réfléchir de manière intemporelle et universelle à la triste condition du démuni. Il démonte quelques idées reçues qui ont toujours cours sur les démunis, sur leur sort et la conduite à avoir. Il analyse les mutations profondes qu'engendre cet état de dénuement chez l'être humain. Être pauvre et misérable vous transforme radicalement. Il y a peu d'expériences aussi traumatisantes. Après la misère, plus jamais on ne peut-être pareil.

    Le livre fourmille de mille anecdotes, de personnages truculents, pathétiques et héroïques à la fois, de ceux que seule la misère arrive à accoucher. Il est truffé d'histoires folles, drôles, pleines d'espoirs qui ne sont jamais loin de se transformer en désespoirs d'une minute à l'autre. Le récit est prenant, les réflexions pertinentes. Il est aussi intéressant de penser à ce que ce grand écrivain a enduré pour sa plume, qu'à la description qu'il fait du milieu hôtelier en France et des instituts sanitaires en Grande-Bretagne. On est révulsé devant tant de crasse, de bassesse, parfois d'inhumanité.

    A lire impérativement.