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adultère - Page 3

  • Sa femme - Emmanuelle Bernheim

    sa femme.jpgCe livre a obtenu le prix médicis en 93, cela me laisse sceptique. Qu'est ce qui a bien pu convaincre le jury au point de délaisser une sélection que j'imagine forcément riche de meilleurs livres ? Sa femme est une histoire d'amour déguisée en histoire d'aldutère - ou vice versa ou les deux à la fois, peu importe - qui mise beaucoup sur son dénouement pour épater le lecteur et prendre une autre dimension.

    Le livre est en fait le portrait d'un type de femme symbolisé par le personnage principal, Claire. Le genre de femmes peu satisfaites de situations de couples ordinaires, qui recherchent autre chose et qui peut-être se leurrent sur leurs propres sentiments. Je n'en dirais pas plus, mais l'histoire est étirée - longueurs, longueurs alors que le livre est si mince...- en attendant cette fin qui révèle vraiment Claire. Détails, détails, on s'y baigne sans passion, accrochés par la facilité des chapitres courts - heureusement - et la simplicité de la lecture, de l'écriture d'Emmanuel Bernheim.

    Tout ceci est banal, un peu artificiel et parfois peu crédible tout bonnement. Si on arrive au bout par exemple, on ne peut que se demander entre autres pourquoi Claire ne demande pas à Thomas, la raison de son mensonge ? Ce n'est quand même pas un détail! Ennuyeux, décevant et quelconque.

  • Pollen - Oscar Van Den Boogaard

    pollen.jpgJulie est une sorte de Madame Bovary moderne perdue dans l'arrière pays flamand en Belgique. Elle s'ennuie du rêve de simplicité et de ruralité de son mari Maurice plus âgé qu'elle. Les joies de la maternité, de la femme au foyer ou des gens de la campagne ne suffisent pas à la combler. Elle a envie d'un plus qu'elle va essayer de trouver dans l'adultère auprès du voisin, le vieux paysan Omer, puis moyennant finances auprès d'une jeune créature lors d'un voyage au Brésil. Inutile de préciser que tout ceci se révèle vain contre le sentiment qui la gangrène.

    Au début, l'écriture et la structure narrative assez mystérieuses intriguent. Elles essaient de dire  sans dévoiler, de livrer en évitant. Et puis progressivement, on se lasse, on s'ennuie de cette histoire somme toute banale, de ces trous dans l'histoire que nous sommes censés remplir nous-mêmes. On en attend plus des personnages sans que cela ne vienne jamais. Au mieux, il y a quelques petites touches par ci par là, juste de quoi être encore plus frustré. Très décevant.

  • Madame Bovary - Gustave Flaubert

    Madame_Bovary.jpgLaissons immédiatement de côté la morale et le procès qui ont fait beaucoup pour la renommée et le succès de madame Bovary. Si ce livre est devenu un classique universel de la littérature d'une puissance toujours actuelle, c'est avant tout à cause du personnage éponyme. Emma Bovary est une héroine romantique d'une grandeur et d'une modernité rares. Elle est une de ces âmes qui portent en elles la preuve que le monde prodigue en promesses est bien pauvre en effets. Son aspiration à l'exaltation, au lyrisme, à la grandeur, au romanesque de l'existence se heurte à la désespérante fadeur de la réalité. Elle a soif d'un absolu dans l'amour, dans le quotidien, qui ne peut être satisfait que dans l'extraordinaire. Voilà son malheur qu'elle va combattre dans la litterature à l'eau de rose, puis progressivement dans l'adultère. En vain.

    Il y a quelque chose de fascinant, et acceptons-le d'horrible, dans cette incapacité a vivre, à accepter le réel, son réel. Lentement, elle construit sa descente aux enfers, une décadence qui en rajoute au mythe et au romantisme du personnage. Emma ne se contente pas de rêver, elle se compromet, se corrompt au fil des pages, se fane, se noircit, jusqu'à devenir un repoussoir. Quoi de plus grand que cette héroine perdue par ses rêves, si éloignée des portraits classiques de la femme de l'époque, si loin de l'épouse, si loin de la mère, de la ménagère ou de la simple amoureuse.

    Flaubert s'appuie sur son personnage, bouleversant, pour faire une critique féroce de la bourgeoisie. Il se livre à son dada avec génie, se servant à merveille d'Emma Bovary. Il l'égare dans une province tout ce qu'il y a de plus ennuyeux, de plus banal, de plus limité en termes d'horizons. Il la marie à ce qu'il faut qualifier sans autre possibilité de beauf - au mieux d'honnête homme au sens limitatif. Yonville, ce décor pittoresque et pathétique, rural, ainsi que ses personnages médiocres forment un cocktail détonant en opposition avec le coeur et l'esprit rêveurs d'Emma. Le jeu des contraires est à son paroxysme. Flaubert mène le tout avec talent faisant de chaque figure du livre un modèle representant des facettes - abhorrées - de l'esprit de l'époque. A chaque instant, son écriture très moderne, vive, piquante, mouillée d'ironie séduit en mordant allègrement les idées recues, défiant les lieux communs.

    Je suis intarissable sur ce livre culte qui demeure à travers le temps l'une de mes oeuvres incontournables, mais place au livre.

    En un mot: grandiose!