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adultère - Page 4

  • Madame Bovary - Gustave Flaubert

    Madame_Bovary.jpgLaissons immédiatement de côté la morale et le procès qui ont fait beaucoup pour la renommée et le succès de madame Bovary. Si ce livre est devenu un classique universel de la littérature d'une puissance toujours actuelle, c'est avant tout à cause du personnage éponyme. Emma Bovary est une héroine romantique d'une grandeur et d'une modernité rares. Elle est une de ces âmes qui portent en elles la preuve que le monde prodigue en promesses est bien pauvre en effets. Son aspiration à l'exaltation, au lyrisme, à la grandeur, au romanesque de l'existence se heurte à la désespérante fadeur de la réalité. Elle a soif d'un absolu dans l'amour, dans le quotidien, qui ne peut être satisfait que dans l'extraordinaire. Voilà son malheur qu'elle va combattre dans la litterature à l'eau de rose, puis progressivement dans l'adultère. En vain.

    Il y a quelque chose de fascinant, et acceptons-le d'horrible, dans cette incapacité a vivre, à accepter le réel, son réel. Lentement, elle construit sa descente aux enfers, une décadence qui en rajoute au mythe et au romantisme du personnage. Emma ne se contente pas de rêver, elle se compromet, se corrompt au fil des pages, se fane, se noircit, jusqu'à devenir un repoussoir. Quoi de plus grand que cette héroine perdue par ses rêves, si éloignée des portraits classiques de la femme de l'époque, si loin de l'épouse, si loin de la mère, de la ménagère ou de la simple amoureuse.

    Flaubert s'appuie sur son personnage, bouleversant, pour faire une critique féroce de la bourgeoisie. Il se livre à son dada avec génie, se servant à merveille d'Emma Bovary. Il l'égare dans une province tout ce qu'il y a de plus ennuyeux, de plus banal, de plus limité en termes d'horizons. Il la marie à ce qu'il faut qualifier sans autre possibilité de beauf - au mieux d'honnête homme au sens limitatif. Yonville, ce décor pittoresque et pathétique, rural, ainsi que ses personnages médiocres forment un cocktail détonant en opposition avec le coeur et l'esprit rêveurs d'Emma. Le jeu des contraires est à son paroxysme. Flaubert mène le tout avec talent faisant de chaque figure du livre un modèle representant des facettes - abhorrées - de l'esprit de l'époque. A chaque instant, son écriture très moderne, vive, piquante, mouillée d'ironie séduit en mordant allègrement les idées recues, défiant les lieux communs.

    Je suis intarissable sur ce livre culte qui demeure à travers le temps l'une de mes oeuvres incontournables, mais place au livre.

    En un mot: grandiose!

  • Je l'aimais - Anna Gavalda

    anna20gavalda20-20je20laimais.jpgJe reste surpris par l'engouement que suscite Anna Gavalda qui caracole en tête des ventes en France. C'est que j'ai beau me forcer, je ne vois aucune raison à tous les éloges dont le parent les ventes et certains critiques.

    Je l'aimais, c'est l'histoire d'une jeune femme abandonnée par son mari et qui se trouve dans un face à face avec son beau-père, une espèce de père la rigueur, strict et moral, une figure paternelle pré 68. Ce dernier avoue que sous la carapace, il y a un autre homme qui s'est notamment laissé aller aux turpitudes de la passion lors d'une relation extra conjugale il y a bien longtemps de cela.

    C'est d'une banalité affligeante. Je ne vois rien d'autre à dire. C'est plat, insipide et ça pullule de dialogues pauvres et limités qui évitent sans doute à l'auteur de se mettre vraiment à l'écriture. Vraiment, mais vraiment pas grand chose à tirer de ces pages. Heureusement on oublie cette soupe très rapidement.

    Idéal pour le métro, voilà donc la clé du succès.

  • Aimez vous Brahms ? - Françoise Sagan

    brahms.jpgPaule et Roger ont une relation libre, couple ultra-moderne durant des années placées sous la chape de la morale bourgeoise. Chacun peut avoir le partenaire qu'il veut sans que cela n'entrave leur amour. C'est ce qu'ils veulent faire croire, seulement Roger est le seul qui profite de cette règle. Alors avec le temps qui passe, Paule commence à se sentir seule, de plus en plus vieille, souvent abandonnée. Elle commence à être fatiguée de cette relation hors des sentiers battus, lasse de toujours attendre cet homme.

    C'est le moment idéal pour l'apparition de Simon, jeune homme dilettante, fils d'une cliente fortunée de Paule, qui s'éprend follement de cette dernière. Ce jeune passionné fait fi de la différence d'âge, de condition et entraîne Paule dans une histoire dans laquelle elle se sent rajeunir, revivre, placée au centre de toute l'attention, de toute la vie du jeune homme. Mais tout cela n'est-il pas juste une réminiscence de la jeunesse ? Une fugue loin de ce qui apparait comme son destin, mais aussi son choix, c'est à dire Roger ? N'est ce pas simplement une façon de montrer à Roger qu'elle a besoin de lui autrement, dans une autre relation ? Que les choses doivent changer ? Et peut-elle vraiment oublier la différence d'âge avec Simon ?

    Il y a dans ce livre, ce ton frais, ce style simple et direct de Françoise Sagan qui donne une certaine innocence, un regard jeune, mélancolique et un peu torturé sur les thèmes de l'amour, du temps qui passe, du couple. Françoise Sagan traite de l'amour juvénile fou, de l'amour libre, de la jalousie, de l'amour malgré les différences, avec une spontanéité plaisante. Elle parle aussi de solitude pour chacun de ses personnages qui mettent pourtant l'amour au cœur de leurs existences. C'est peut-être ça le petit miracle du livre alors que la tentation de la bluette sans intérêt et de l'eau de rose rôde: montrer le lien étroit entre l'amour et la solitude de manière simple. Il y a aussi cette magie du titre et un bon final, des personnages envahis par leurs sentiments et une ambiance légère qui enrobe des assauts de profonde lucidité ainsi que des questionnements existentiels qui ont la force et la naïveté de la jeunesse.

    Facile et simple mais bon quand même.