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afrique - Page 6

  • Le faiseur de pluie - Saul Bellow

    faiseur de pluie.jpgCe livre a t-il convaincu grand monde ? Même les fans de Saul Bellow ? Pas moi en tout cas, alors que le synopsis est plutot excitant. Un milliardaire oisif qui va au fin fond de l'Afrique et se retrouve empêtré dans des aventures rocambolesques aux résultats et conséquences inattendus compte tenu de ses bonnes intentions.

    Amateurs de drôlerie, de burlesque, je vous prie de passer votre chemin. Hormis une ou deux situations - chez les Arnewi - l'humour est inexistant ou plus exactement il est censé passer par la verve de Henderson, le personnage principal et narrateur, mais on est tres vite ennuyé, noyé par un babil et des histoires qui tombent à plat. C'est un flot qui impatiente en attendant un essentiel qui est de toute façon décevant: l'aventure en Afrique.

    Car concernant l'Afrique, rien de bien original non plus, on est souvent dans le cliché avec même parfois des relents de complexe de supériorité voire pire. De toutes façons, la seule chose qui compte vraiment est le personnage de Henderson, ce milliardaire inassouvi gâté, oisif, enlisé dans sa loghorée comme dans la vacuité de sa quête. C'est long, étouffant, décevant en dépit de quelques rares éclats comme la fin ou le personnage de Romilayu.

    Bof Bof.

  • La ferme africaine - Karen Blixen

    ferme africaine.jpgSouvenirs d’Afrique d’une danoise émigrée dans une grande ferme du Kenya au début du vingtième siècle. Par petites touches, Karen Blixen raconte une quinzaine d’années vécues dans un monde tellement différent. Elle livre des portraits, des anecdotes, des histoires, des pensées, des analyses sur cette période. Évidemment, on se dit que cette Afrique là est presque morte, on grince un peu des dents à certaines expressions ou idées sur les indigènes qui sont datées ou révèlent un complexe de supériorité, mais ça n’a que peu d'importance. Ce livre est touchant de simplicité. Karen Blixen a une façon unique de parler de sa ferme, des paysages, de ses amis et des indigènes qui révèle beaucoup d’attachement et de tendresse. Cette femme a été profondément marquée, intriguée par l’Afrique et arrive à le faire ressentir sans artifices, avec sincérité. L’émotion est au rendez-vous.

  • La carte d'identité - Jean Marie Adiaffi

    adiaffi.jpgOn commence par le récit loufoque d'une arrestation, celle de Mélodouman par un commandant de cercle durant la période coloniale, et très vite, on voyage en littérature, passant du conte à la poésie, au fantastique et même parfois à l'essai ou en tout cas au roman d'idées. Le tout est lié de manière brillante par le talent de Jean Marie Adiaffi qui sait faire sa langue, foudroyante, faconde, dialecte - Agni- et même vulgaire quand cela est nécessaire. Il est juste en l'occurence de parler d'un souffle qui vivifie les dialogues, les péripéties de Mélodouman à la recherche de sa carte d'identité.

    Le plus fort de ce livre incontestablement, ce sont les échanges entre Mélodouman et les différents personnages. Ceux-ci permettent d'irriguer le livre d'idées originales sur les thèmes les plus anciens et essentiels pour l'Afrique. L'auteur par le biais du personnage de Mélodouman prend à contre-pied beaucoup d'idées reçues et oeuvre avec sagesse pour un autre regard extérieur et intérieur sur l'Afrique. Il est d'une pertinence et d'une intelligence époustouflantes quand il défend l'Afrique précoloniale, sa culture, son histoire, son destin face à la colonisation, quand il essaie d'intégrer cette dernière à l'Afrique qui se veut moderne et essaie de prendre la voie du décollage économique. Tout est dans le titre du livre, une métaphore. L'identité, oui, mais quelle identité pour l'Afrique et pour l'Africain ? Celle qu'on veut lui forger de l'exterieur, qu'on lui a imposée ? Celle qu'il veut avoir au mépris de lui-même, de son passé, de son inscription dans une lignée ?

    Jean-Marie Adiaffi réfute à raison le faisons table rase du passé qui a presidé au destin de l'Afrique et qui l'a perdue quelque part, la laissant désemparée aujourd'hui, en proie à des questionnements insolubles, générateurs de crises. L'Afrique ne sait plus qui elle est, ni vraiment ce qu'elle veut être et n'arrive donc pas à se prendre en main. La carte d'identité est un livre qui place en peu de pages un univers et des thèmes profonds. Il habite le lecteur pendant longtemps, puissant, dense, multiple de par ses interrogations. Impossible de ne pas crier au génie surtout que le livre n'est pas dénué d'humour.

    Grande oeuvre.