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amour - Page 5

  • Un sport et un passe-temps – James Salter

    Salter1.jpgUn sport et un passe-temps, pour une grande partie, c’est l’histoire qu’entretiennent Dean et Anne-Marie. Lui est un étudiant américain de passage en France pour une durée indéterminée. A priori surdoué mais en rupture de ban avec l’université, issu d’une famille bourgeoise mais désargenté, il mène une vie de dandy assoiffé d’aventures au cours de laquelle il rencontre Anne-Marie. C’est une jeune française de province, un peu simplette, aux aspirations basiques de petit couple sans histoires, avec qui il se met à entretenir une relation charnelle intense.

    Ce n’est pas vraiment de la passion, ni de l’amour bien que l’histoire se poursuive sur quelques mois, jusqu’à ce que Dean soit financièrement acculé. C’est peut-être simplement un sport et un passe-temps ainsi que l’indique le titre du livre, quelque chose sur lequel il est difficile de mettre des mots ou de se prononcer. Un entre-deux mystérieux, un peu inabouti, un peu déstabilisant autour duquel tournoie longuement James Salter.  

    Roman très érotique par moments, vaguement libertin dans ses allusions, un sport et un passe-temps a pu choquer à sa parution au milieu des années 60. Il n’en est rien aujourd’hui. La répétition des scènes d’amour, suggestives ou explicites, l’errance prévisible de Dean et Anne-Marie, finissent par ennuyer le lecteur qui saisit rapidement les enjeux et les impasses de cette histoire. L’auteur américain s’épuise en vain à retarder l’issue banale de cette histoire et à broder autour des escapades d’un intérêt limité de ce jeune couple. La longueur du roman finit même par éteindre le léger parfum de bonjour tristesse qui peut parfois s’en exhaler et souligne le déséquilibre d’une construction dont toute la première partie peut apparaître comme l’interminable introduction qu’elle n’est pas.

    En effet, durant le premier tiers du livre, point de Dean ou d’Anne-Marie, uniquement, les pensées d’un narrateur qui finira par raconter leur histoire à coups de flashbacks. Ce point de vue faussement extérieur n’est pas inintéressant vis-à-vis de l’histoire de Dean et Anne-Marie. Le narrateur joue même un rôle central dans cette histoire qu’il n’hésite pas à fantasmer ouvertement. Le doute est instillé en ce qui concerne la réalité des faits et les rêves, les envies de ce vieil homme qui est le confident de Dean et qui avoue désirer Anne-Marie.

    Intervenant directement dans cette histoire, lorsqu’il finance par exemple les escapades de Dean, ce narrateur est en plus une des clés de l’atmosphère de mélancolie, du climat doux-amer qui habitent tout le roman. C’est un homme déjà plein de regrets, qui se met volontairement en retrait de la vie, qui accorde une place conséquente au rêve et aux possibles plutôt qu’au réel, à l’observation du ballet entre Dean et Anne-Marie. Son effacement progressif relativise néanmoins l’intérêt de la première partie du livre qui s’avère finalement d’un intérêt limité.

    Le jugement sur le livre serait donc globalement très sévère n’eut été le miracle de la langue de James Salter. C’est sur elle, dans un équilibre très instable, que repose le livre. L’écriture de l’écrivain américain est simple et fluide tout en étant riche en images et en détails. Elle est au plus près des personnages et des choses, arrivant à incarner les sensations et les objets, le décor de cette petite ville de Province. Elle captive ainsi au début, puis après par moments, et finalement plus du tout, un lecteur plongé dans une atmosphère éthérée de nostalgie et de solitude, dans une histoire à la fois tragique et banale.

    Un style donc, mais qui ne suffit pas. Un livre un peu long et au final pas si remarquable.

    Une petite déception.

  • L’été slovène – Clément Benech

    LT-SLO~1.JPGDeux jeunes étudiants amoureux prennent la route pour des vacances d’été en Slovénie. De banales vacances en perspective ? Pas seulement. En réalité, c’est un véritable test amoureux auquel ils se soumettent. La moindre aventure est ici prétexte à une réflexion, à une analyse entre les natures à priori très différentes d’Elena et du narrateur. Chacune des situations mises en scène révèle des réactions plutôt contraires de la part des deux protagonistes. L’enjeu majeur de ce couple semble être la spontanéité et l’esprit d’aventure autour duquel ils s’écharpent gentiment. Mademoiselle aimerait un peu plus de folie de la part de ce jeune homme un peu trop calme, attentionné et réfléchi. Le dénouement paraît ainsi inéluctable.

    Fort heureusement celui-ci n’est pas long à arriver car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un été slovène n’est pas vraiment un livre passionnant. Il faut d’abord passer outre les banalités que ne renierait pas le plus médiocre des guides touristiques sur la Slovénie – pays que j’ai visité. On pourra éventuellement affirmer que ces platitudes collent au basique contexte de voyage des personnages principaux, simples touristes quelque peu désargentés. Argument réutilisable alors pour les aventures résolument sans intérêt qui émaillent ce voyage et qui ne sont prétextes qu’à des mini-crises ridicules pour le jeune couple : en vrac un accident de voiture, un impossible accès à un site touristique majeur, l’intrusion d’éléments extérieurs dans leur intimité…

    Le jeu amoureux entre Elena et le narrateur est bien trop prévisible, plutôt pathétique et enfantin, glissant allègrement vers le mur sans que cela ne semble plus prêter plus à conséquence. L’ensemble est porté par une écriture légère, tournée vers les émotions des deux protagonistes, pas désagréable - pas marquante non plus - mais polluée par un humour qui tombe à plat et des généralités parfois confondantes.  

     

    Aucun intérêt.

    Pour quelques heures à la plage peut-être…