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camps - Page 3

  • Dernier noël de guerre – Primo Lévi

    Le-dernier-noel-de-guerre.jpgCe recueil a été constitué de nouvelles de Primo Lévi qui ne font pas partie d’autres recueils mais qui sont parues dans ses œuvres complètes au titre de pages éparses. Et le moins que l’on puisse dire après lecture de ces textes courts est qu’ils sont de natures différentes et donc forcément inégaux.


    Pour commencer par les nouvelles qui me sont apparues comme les moins intéressantes et les moins réussies, je vais évoquer les interviews d’animaux. Primo Lévi se glisse dans la peau d’un journaliste qui interviewe une girafe, une taupe, une araignée ou encore une bactérie logée dans l’intestin humain. En quelques mots : l'humour tombe à plat et ce que ces nouvelles ont à nous dire sur les hommes et leur société est souvent banal, provoque un certain ennui et un profond désintérêt. C’est vraiment dommage que ces nouvelles occupent une place importante dans le recueil.


    Les nouvelles d’inspiration vaguement fantastique, ou encore teintées de science-fiction forment le deuxième contingent du recueil. Si En une nuit possède un certain mystère que je recommande d’explorer et que le Buffet ou encore Etat civil ont des touches plaisantes d’humour et de décalage, Les fans de Spot de Delta Cep s’avère être une nouvelle ratée. Ces nouvelles sont globalement peu marquantes et pas d’une folle originalité.


    Les nouvelles en forme de souvenirs de Primo Lévi sont les plus réussies. La fin du gars de Marineo ou encore la chair de l’ours sont des textes qui portent une certaine intensité, un propos intéressant et font montre d’un art narratif plus captivant à défaut d’originalité. Il n’est pas non plus surprenant que la nouvelle la plus aboutie et la plus marquante du recueil soit celle qui donne son titre à ce dernier. Dernier noël de guerre est un témoignage poignant et fort dans la veine de ceux qui ont fait la notoriété de Primo Lévi – Si c’est un homme, la trêve


    Ce recueil de nouvelles assez décevant peut relancer la question de la valeur des œuvres de Primo Lévi hors témoignages incontournables et capitaux concernant son expérience des camps de la mort.

  • Pèlerin parmi les ombres - Boris Pahor

    Pahor.jpgRésistant, l’écrivain slovène Boris Pahor a été emprisonné dans les camps de concentration nazis en Alsace (Natzweiler-Struthof), puis en Allemagne (Dachau et Bergen-Belsen). Pèlerin parmi les ombres, son chef d’œuvre, est le récit de cette expérience. Des années après sa libération des camps, Boris Pahor revient en une sorte de pèlerinage sur les lieux où il a connu l’inhumain. Il raconte l’univers concentrationnaire, ses épreuves, ses règles, et tout ce qu’il comporte d’inhumain. Il dit les traitements infligés, les conditions indécentes, les souffrances accumulées mais aussi les éclats d’humanité et les rares moments lumineux qui restent gravés dans sa mémoire. Il se souvient en traversant ces lieux de malheur de tout le mal qu’ils ont contenus.

    La force et l’originalité du livre de Boris Pahor tiennent surtout en ce pèlerinage autant qu’au récit des camps eux-mêmes. Boris Pahor revient sur les lieux de son martyr et interroge le présent sur sa capacité à digérer et à intégrer ce que furent les camps, à en tirer quelque chose pour le présent et l’avenir. Pèlerin parmi les ombres montre un homme qui des années après cette terrifiante expérience, est marqué de manière indélébile. Evoluant parmi les hommes qui n’ont pas connu l’enfer concentrationnaire, Boris Pahor est dans une solitude terrifiante. Dur, il pose des questions incontournables sur le devoir de mémoire et le tourisme lié aux camps, des questions sur ce qu’il reste des survivants et des morts de cette épreuve. Comment les autres peuvent-ils comprendre les camps ? Comment peut-il s’insérer parmi ces autres ? Comment survivre après cette épreuve, dans sa mémoire ?

    Pèlerin parmi les ombres, c’est une analyse de la survie du passé dans les lieux, dans les hommes, c’est un témoignage de la blessure interne, de la coloration du regard après les camps, c’est un message adressé à chacun d’entre ceux qui n’ont pas connu dans leur chair la vérité terrible du camp : que savez vous vraiment vous autres, que ressentez vous vraiment de cet enfer, que vous en reste t-il, que cherchez vous en regardant dans cet abîme ? C’est une interrogation de l’auteur sur sa vie et son expérience : comment vivre avec ça, comment trouver la bonne distance avec ça, comment le transmettre, comment le garder vivant, ne pas le trahir, comment se sauver des démons enfouis à jamais à l’intérieur, comment rendre justice à ceux qui n’ont pas pu survivre pour voir ces temps nouveaux ? Pèlerin parmi les ombres est un livre dur et mélancolique, triste et fort qui a une violence et un désenchantement contenus.

    Un témoignage fort.

  • La trêve - Primo Lévi

    la treve.jpgOn sait beaucoup de choses des camps de la mort sous l’Allemagne, les témoignages regorgent, mais que sait-on du retour à la vie des prisonniers survivants de ces trous infâmes, que sait-on de leur libération et de leur route vers leurs maisons, leurs foyers ? Il faut lire la trêve pour savoir comment ce retour fut difficile, long et pénible, lui aussi inscrit dans une logique de faim, de froid, d’exclusion, d’inquiétude. L’enfer ne s’est pas arrêté du jour au lendemain de la libération des camps. Le chemin a été long, entre douleurs, toujours et encore, et quelques sourires, quelques éclats de lumière. Le récit est haut en couleurs avec des personnages marquants et des aventures rocambolesques même si en arrière-plan l’ombre de la guerre et de ses innommables crimes noircissent le décor. Des moments forts, des questions violentes étincellent par moments. Le complément de Si c’est un homme.