Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dictature - Page 2

  • Un fusil dans la main, un poème dans la poche - Emmanuel Dongala

    fusil-dans-main.jpgL’Afrique a elle aussi rêvé de révolution et de grand soir. De la lutte pour l’indépendance jusqu’aux désillusions des dictateurs et des putschs, elle a espéré les changements qui devaient la relever de la boue et de la misère du colonialisme pour la conduire vers le développement. Mayéla di Mayéla, le héros d'un fusil dans la main et d'un poème dans la poche est en quelque sorte le symbole de cette génération perdue qui a émergé au sortir des indépendances africaines dans les années 60.

    Après des études en Europe, Mayéla di Mayéla part combattre pour l’indépendance du Zimbabwe. C'est un révolutionnaire enflammé qui met en pratique ses idées pour la libération de l'Afrique et la prise du pouvoir. Il voit une autre Afrique, sortie de ces maux interminables qui la ravagent, une Afrique maître de son propre destin, suivant sa propre voie, idéalisée, une Afrique qui n’existe toujours pas. Il parcourt l'Afrique Centrale et traverse différents périples, subissant les affres de la torture et de la prison. Sa quête est récompensée par l'obtention du pouvoir suprême dans son pays après un combat politique acharné.  Mais plus dure est la chute de Mayéla qui trahit ses idéaux de justice et de révolution en se conduisant en despote corrompu comme tant d'autres.

    Un fusil dans la main un poème dans la poche est malheureusement une histoire tragique qui s'est avérée banale au carrefour des indépendances. Il est donc dommage que le livre d'Emmanuel Dongala n'arrive que partiellement à convaincre. En effet à la fin du livre, on se rend compte que beaucoup de sujets ont été évoqués, amenés sur le tapis sans être approfondis, emportés dans une succession un peu brouillonne d'évènements, d'actions, de souvenirs, de personnages. Il y a un certain manque de consistance dans le traitement des sujets, dans les personnages qui nuit à la force de l'ouvrage et laisse apparaître quelques passages vides ou un peu naïfs. Reste que le personnage de Mayéla di Mayéla est attachant dans ses doutes, ses rêves, ses combats. Sa fraîcheur et sa naïveté en rajoutent à la cruelle désillusion de l’histoire.

    Impression très mitigée au final.