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identité - Page 8

  • L’ignorance - Milan Kundera

    ignorance.jpgMilan Kundera au sommet de sa forme, grandiose. Les pages défilent et lentement le réel se dénude, la lucidité intransigeante de l’auteur nous montre son vrai visage, dans ce qu’il a d’insupportable et surtout de pathétique, de risible. Comme a chaque fois. Chaque livre de Milan Kundera est un combat contre les mensonges et les apparences que nous acceptons ou que nous fabriquons pour supporter la réalité ou pour l’ignorer.

    Cette fois-ci, l’auteur s’attaque à la nostalgie et plus spécifiquement à celle des exilés, à la question du retour au pays des immigrés. C’est impressionnant de voir comment, en peu de pages, en quelques réflexions, dialogues, situations, Milan Kundera va au cœur du sujet, en ressort toutes les problématiques épineuses, et les intègre dans des constructions romanesques toujours aussi savoureuses. Quel est le sens de cette nostalgie de la terre ? Et aujourd’hui, avec toutes ces mixités, ces migrations massives ? Et si le retour n’était qu’une illusion ? La leçon romanesque est agrémentée des thèmes classiques de l’auteur, le rapport au corps, le communisme, la modernité, la lucidité, la litost.

    A quand le prochain, maître ?

  • L’identité - Milan Kundera

    identité.jpgQui sommes nous vraiment ? Comment nous définir par rapport à l’autre ? Quel sens donner à l’identité dans les temps modernes ? Et le conformisme dans tout cela ? Milan Kundera explore ces questions à sa manière unique, entre roman et essai. A travers le prisme du couple Chantal et Jean-Marc, il creuse tranquillement ses pistes, toujours aussi lucide, aussi désenchanté, terriblement désillusionné. Si Milan Kundera est grand, c’est par cette acuité dans la perception du réel ainsi que des malaises et des interrogations de notre époque. Impossible d’éluder la question en ces temps d’individualisme, de conformisme. La force intellectuelle de l’auteur prend ici le pas sur le récit, loin de ses grandes constructions romanesques. Bien.

  • Le monde s'effondre - Chinua Achebe

    le monde s'effondre.jpgL'arrivee des occidentaux en Afrique a provoque l'effondrement d'un monde. C'est tout un univers qui a perdu sa coherence, son ame et une partie de sa richesse dans ce clash de l'histoire. Chinua Achebe localise cet effondrement dans un petit village nigerian et l'illustre en parallele avec l'histoire personnelle de l'un de ses habitants: Okonkwo, heros littéraire marquant.

    Durant la premiere partie du livre (les deux-tiers), l'auteur fait naitre le monde de ce village, ses croyances, ses rites, ses us et coutumes, son passé. Le lecteur est baigné dans cette culture différente qu'il appréhende en compagnie d'Okwonko, cet homme au destin lié à celui du village. Un héros qui s'arrache à la boue de son destin pour accéder a la richesse, au pouvoir, à la reconnaissance. Okwonko est comme son monde, cohérent, viril, fort, riche, intense. Ils vont chuter ensemble, lézardés tout au long du livre avant le choc fatal avec l'occident. Le blanc est effectivement la bombe qui va tout faire exploser. Plus de place pour les coutumes, pour la continuité avec les ancêtres, ici commence un nouveau chemin, une nouvelle histoire à laquelle Okwonko ne veut pas prendre part. Il est le symbole de la resistance de la tradition face a la modernité, de la réaction de ce monde ancien face à l'aventure de l'acculturation. Comment tout peut-il foutre le camp ainsi, aussi facilement ?

    Le livre est d'une force et d'un caractère égal à celui de son personnage principal, il est riche d'aventures et de culture traditionnelle - quelque chose de très précieux. La vitalité de la langue, la vigueur du style, naissent des personnages et de l'essence de la vie de ce village. Tout un savoir perdu et des interrogations legitimes qui hantent l'Afrique subsaharienne hantent, animent aussi le livre. L'effondrement du monde décrit par Chinua Achebe est d'autant plus brutal, plus choquant que ce monde est arrogant, fort, vivant. C'est une faillite qui est à l'origine d'une tristesse qui d'abord latente, explose a la fin du livre. C'est toujours triste un monde qui meurt.