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juif - Page 3

  • Ravelstein - Saul Bellow

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    Le dernier livre paru de Saul Bellow a enthousiasmé la presse qui est quasi unanime. Je dois avouer cependant qu'après lecture, Ravelstein s'est révélé une déception.

    Le livre est apparemment le portrait d'Allan Bloom, intellectuel, brillant et atypique, ami de Saul Bellow. Personnellement, ne connaissant pas ce professeur certainement émérite, je suis à côté de toutes les polémiques qui ont eu lien avec la justesse de la représentation d'Allan Bloom sous les traits d'Abe Ravelstein. Le portrait de ce professeur atypique et original ne me renvoie donc qu'au personnage de fiction.

    C'est un héros qui figure apparemment un archétype chez Saul Bellow. Un intellectuel juif perdu dans une singularité qui est source de souffrance dans un quotidien un peu déglingué. En fait, il ressemble à un de ces personnages extraordinaires que l’on souhaiterait rencontrer au moins une fois dans sa vie, si ce n’est le fréquenter régulièrement comme le narrateur. Dans sa description du personnage, Saul Bellow laisse effectivement entrevoir un personnage à même de plonger dans les pires outrages et excès que de s'envoler vers des hauteurs artistiques ou philosophiques.

    Seulement voilà, il se trouve que Saul Bellow illustre mal le génie de ce personnage. Il le dit plus qu'il ne le fait sentir, vivre ou penser. D'une certaine façon, le génie de Ravelstein reste éloigné, comme lorsque quelqu'un vous parle d'une chose ou d'une personne formidable dont vous n'avez aucune idée et que vous vous contentez d'acquieser. On n'est pas au contact de Ravelstein. C'est peut-être la faute de la construction du livre qui est un galimatis d'anecdotes plus ou moins empilées dans le désordre.

    Alors, c'est Saul Bellow, donc évidemment, il y a beaucoup de culture et d'idées dans ce livre, il y a une certaine élégance du style, de la verve et de la légèreté. Cependant, le rythme plus ou mois saccadé et le désordre plus ou moins maîtrisé de l'ensemble, les passages quelconques sur la maladie du narrateur ou encore sur sa femme, affaiblissent réellement l'oeuvre.

    Rien de foudroyant.

  • Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran - Eric-Emmanuel Schmitt

    mr ibrahim.jpgMomo est un jeune adolescent juif qui a été délaissé par son père évanoui dans la nature un matin. Résultat des courses ? La débrouille pour Momo, beaucoup d'imagination pour ne pas être vraiment confronté à la réalité,  les putes aussi et surtout les conversations et la relation d'amitié qu'il noue avec Monsieur Ibrahim, l'épicier arabe des parages. Une amitié qui débouche sur le dézingage des idées reçues et des préjugés et s'éteint dans un voyage singulier.

    Un juif, un musulman, un enfant, un homme âgé, le jeu des contraires fonctionne toujours pour générer autour de cette histoire de rencontre entre deux solitudes, un parfum - très sucré... - de magie et d’espoir. C’est très simple, plaisant et parfois drôle, avec quelques dialogues enlevés. Ca pourrait passer pour un bon livre, oui, mais non. Le problème ? La vie devant soi de Romain Gary! Quand on a lu le chef d'oeuvre de Romain Gary, comment ne pas penser à une version light en ouvrant le livre d'Eric Emmanuel Schmitt ? C'est ça le hic avec Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran. C'est le livre de Romain Gary en plus court, plus convenu, plus simple, avec une langue plus ordinaire, beaucoup plus de pathos - malgré des efforts - et surtout avec un air terrible de djà-vu.

    Si vous n'avez pas lu La vie devant soi, courez chez votre libraire et laissez tomber E.E. Schmitt! - à la limite dans les mains de votre gamin (e), nièce ou neveu.

    Pâle copie.

  • Les mauvaises pensees - Laurent Seksik

    seksik.jpgNathan est un juif Ukrainien qui sait lire dans les pensées. Dangereux pouvoir dans un petit village! Il est donc contraint à l'exil en ce début des années 30. C'est ainsi que commence un périple qui va le mener de l'Autriche décadente à l'Allemagne nazie, en passant par la Palestine juste avant la naissance d'Israel puis la France à la libération et enfin aux Etats-unis.

    Le principe du livre est simple, suivre les remous de cette terrible période de l'histoire en faisant rencontrer à Nathan en raison de ses supers-pouvoirs un maximum de personnalités historiques, de Freud à Hitler en passant par les pères fondateurs de la nation juive. Mais tout ceci est bien faible. D'abord les rencontres de Nathan avec ces personnages historiques sont plutôt superficielles, mises en scène souvent de façons peu convaincantes, grossières.

    Les mauvaises pensées sent l'esbrouffe, l'effet de manche plus qu'autre chose. La profondeur et la réflexion n'y sont pas vraiment, l'humour non plus. Les sentiments encore moins. Il serait idiot de défendre le livre uniquement pour la question juive simplement présente en filigrane de l'histoire de Nathan! Trop léger, irrégulier, pas de véritable originalité. Il y a des passages incongrus, mal menés - comme la rencontre avec la muette -, la plongée dans le coma, les transferts de conscience.

    Que reste-t il pour sauver le livre alors ? Pas le style en tout cas qui s'avère quelconque dans le meilleur des cas. Encore moins le sexe présent surtout quand Nathan est un adolescent en apprentissage. L'histoire avec Tanya la servante a ainsi la crédibilité d'une rencontre du troisième type. Le sexe n'apparait finalement que comme une levure périmée pour une pâte inexistante.

    Passons donc notre chemin sur ces mauvaises pensées...